Le secteur de la construction cherche activement à gagner en efficacité face à la hausse continue des coûts des matériaux et de la main-d’œuvre. Alors que les techniques traditionnelles exigent des mois d’ouvrages humides et de longs temps de séchage, de nouvelles méthodes industrielles et numériques transforment la cadence des chantiers. Entre l’impression robotisée d’éléments en béton, les délais de livraison se réduisent drastiquement à travers le monde.
L’impression 3D de béton et la production de murs en série sous abri
L’une des innovations les plus remarquables repose sur l’utilisation d’imprimantes de grand format pour façonner des composants architecturaux. Une technologie d’origine espagnole impulse l’arrivée d’équipements capables de fabriquer les cloisons d’une habitation de 120 mètres carrés en un temps record. Contrairement aux machines qui se déplacent directement de chantier en chantier, ce système opère à l’intérieur d’un espace contrôlé.

Le processus consiste à charger un modèle numérique dans la machine, qui dépose ensuite des couches successives d’un microconcreto — un mélange de poudre cimentaire, de fibres et de polymères baptisé Chomrigon
selon certaines publications spécialisées — pour former des murs dotés d’une haute résistance structurelle. La machine imprime des murs, des cloisons internes et les espaces réservés aux portes et aux fenêtres de manière autonome, autorisant même un fonctionnement nocturne sans intervention humaine directe.
Cette approche sous abri élimine les aléas climatiques. Adrián Posadas, promoteur de l’initiative technologique, explique qu’indépendamment de la pluie ou du tonnerre, on se trouve à l’abri et l’on continue à produire des murs. Une fois la fabrication des pièces achevée, celles-ci doivent toutefois observer une période de fraguage oscillant entre deux semaines et un mois avant d’être acheminées par camion sur le terrain.
Comparatif des coûts et des structures face à la construction traditionnelle
L’argument économique demeure central dans l’adoption de ces solutions alternatives. Les finitions intérieures et extérieures exigent toutefois un investissement complémentaire.

| Méthode constructive | Coût moyen de la structure / m² | Délai estimé pour la structure principale |
|---|---|---|
| Construction traditionnelle | USD 900 à USD 1.600 | Variable (plusieurs mois) |
| Impression 3D (structure brute) | USD 300 à USD 600 | 48 à 60 heures |
| Steel framing (ossature métallique) | Variable selon le projet | Réduction de la durée totale du chantier par rapport à un ouvrage traditionnel |
Parallèlement, d’autres techniques sèches consolident leur place sur le marché. Le steel framing emploie une structure de profilés en acier galvanisé assemblés à froid sans recourir aux mélanges humides de ciment. D’après l’Instituto de Construcción en Seco (INCOSE), cette technique diminue de façon importante la durée totale du chantier par rapport à un ouvrage traditionnel, tout en intégrant des couches d’isolation thermique et acoustique performantes.
Projets internationaux et déploiement à grande échelle
L’essor de l’impression 3D appliquée au bâtiment ne se limite pas à l’Amérique latine et dispose de laboratoires d’avant-garde à l’étranger.
Pour les promoteurs de ces technologies, la machine ne se substitue pas aux métiers du bâtiment mais en réorganise les tâches. Électriciens, plombiers et charpentiers interviennent après l’étape du gros œuvre pour finaliser les services, les ouvertures et les raccordements. Le développement mené par l’équipe de Mateo Salvatto vise à porter ces innovations vers une échelle supérieure, particulièrement dans les régions confrontées à une forte tension immobilière, ouvrant la voie à des applications dans l’habitat social et les programmes privés dès lors que les contraintes logistiques et réglementaires locales sont surmontées.
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