Annette Govindarajan utilise l’ADN pour retracer l’origine des méduses cling, de minuscules spécimens venimeux de la taille d’une pièce de monnaie équipés de tentacules adhésifs. Une correspondance génétique a été découverte entre ces spécimens de la côte Est américaine et des populations russes, bien que le mystère persiste sur l’origine exacte des populations du Massachusetts.
À l’instar de l’ADN humain qui aide à retrouver ses ancêtres, cet outil moléculaire sert également à cartographier l’expansion d’une méduse urticante discrète mais redoutable, qui gagne du terrain le long de la côte nord-est des États-Unis. Annette Govindarajan, biologiste à la Woods Hole Oceanographic Institution, résume cette quête en affirmant qu’elle a l’impression de résoudre une enquête policière, selon Annette Govindarajan.
Anatomie et comportement des méduses cling
Ces créatures, baptisées clinging
ou méduses cling, se distinguent par leur taille minuscule, ne dépassant pas celle d’une pièce de monnaie, et par la présence de près de 90 tentacules filiformes. Contrairement à la majorité des méduses qui privilégient les eaux libres, les méduses cling demeurent près du littoral. Pour ce faire, elles utilisent des coussinets adhésifs situés sur leurs tentacules afin de s’accrocher aux herbiers marins et aux algues, d’après les données de la Woods Hole Oceanographic Institution.
Si la plupart de ces spécimens restent relativement inoffensifs, certaines variétés se révèlent hautement toxiques. Dans la mer du Japon, une variante de méduse cling est tristement célèbre pour ses piqûres venimeuses provoquant des symptômes variés et sévères, incluant une douleur intense, des difficultés respiratoires et même des hallucinations, pouvant persister jusqu’à cinq jours, selon les précisions de l’institution scientifique.
Chronologie des observations sur Cape Cod et les recherches génétiques
Une variété non urticante a été signalée pour la première fois dans le nord-est des États-Unis en 1894 à Cape Cod, dans le Massachusetts. Ces animaux ont ensuite presque totalement disparu de la Nouvelle-Angleterre durant les années 1930, suite à un épisode de mortalité des herbiers de zostères. Toutefois, dès 1990, des interactions douloureuses avec ces méduses ont ressurgi brusquement à Cape Cod, amenant les scientifiques à s’interroger sur une possible invasion et sur la provenance de cette souche urticante.
Pour identifier l’origine de ces populations, Annette Govindarajan a collaboré avec Mary Carman, spécialiste de recherche à la Woods Hole Oceanographic Institution, ainsi qu’avec Marat Khaidarov et Alexander Semenchenko, tous deux rattachés à l’Académie des sciences de Russie à Vladivostok, et John Wares de l’Université de Georgia. L’équipe a collecté des spécimens répartis dans quatre zones distinctes : le nord-ouest et le nord-est du Pacifique, ainsi que le nord-ouest et le nord-est de l’Atlantique.
Résultats de l’analyse ADN et perspectives de recherche
En analysant l’ADN des méduses afin d’isoler des séquences génétiques uniques, la biologiste a mis en évidence une correspondance entre les spécimens urticants de Russie et ceux prélevés le long de la côte est des États-Unis. Néanmoins, l’analyse n’a pas permis d’établir une correspondance exacte entre les spécimens russes et les souches répertoriées à Cape Cod, ce qui laisse planer une énigme scientifique.
Annette Govindarajan a indiqué que ses premiers résultats reposaient sur un seul gène, et qu’elle utilise désormais une approche avec des centaines de marqueurs lui permettant d’observer les liens entre les populations de méduses avec une plus grande résolution.
Naktenis Family Foundation, le comité de préservation communautaire de la ville d’Oak Bluffs (Town of Oak Bluffs Community Preservation Committee), et la Russian Science Foundation. Les investigations se poursuivent afin de mieux comprendre la provenance de ces animaux et d’en freiner la propagation future, selon la Woods Hole Oceanographic Institution.
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