Le 11 septembre 2026, le gouvernement tanzanien a déployé 40 drones et 55 motos pour lutter contre les conflits entre l’homme et la faune sauvage. D’une valeur de 2,4 milliards de shillings, cet investissement vise à renforcer la surveillance aérienne et à intercepter les animaux dangereux avant qu’ils n’atteignent les habitations.
Face à la recrudescence des intrusions d’éléphants et d’autres animaux sauvages dans les zones résidentielles, l’exécutif tanzanien passe à la vitesse supérieure. Le pays a officiellement mis en service une flotte de 40 drones de surveillance ainsi que 55 motos tout-terrain destinées aux équipes de terrain. Cette initiative cherche à endiguer les dégâts matériels, la destruction des cultures et les pertes en vies humaines qui frappent régulièrement les communautés riveraines des parcs nationaux.
Le ministère des Ressources naturelles et du Tourisme mobilise un investissement de 2,4 milliards
La livraison officielle du matériel s’est déroulée le 11 septembre 2026 dans la localité de Mtumba, à Dodoma. C’est à cette occasion que la ministre des Ressources naturelles et du Tourisme, Dr Ashatu Kijaji, a supervisé le transfert des équipements acquis par le biais du Fonds de protection de la faune sauvage de Tanzanie (TWPF).
D’après les informations rapportées par les autorités, les 40 aéronefs sans pilote représentent une valeur avoisinant les 2,4 milliards de shillings. Ils ont été répartis entre plusieurs institutions clés de la conservation, à savoir l’Autorité des parcs nationaux de Tanzanie (TANAPA), l’Autorité de gestion de la faune sauvage de Tanzanie (TAWA) et l’Autorité de la zone de conservation du Ngorongoro (NCAA).
La mise en service de ces technologies s’accompagne d’un volet de formation technique rigoureux. La ministre a ainsi clôturé un programme de quatre jours destiné à former 52 pilotes de drones issus des différentes agences de protection de la nature et de la division de la faune.
Des motos pour renforcer la mobilité des agents de terrain et des conseils locaux
L’arsenal technologique ne se limite pas aux airs. Le gouvernement a également doté les administrations locales de 55 motos destinées aux districts, municipalités et conseils de ville. Dans le détail, 40 de ces véhicules ont été attribués directement aux officiers de la faune sauvage au niveau des districts, tandis que les 15 autres ont été affectés à sept zones de gestion de la faune sauvage (WMAs).

Cette composante terrestre vise à réduire les délais d’intervention sur le terrain et à amoindrir les coûts opérationnels des patrouilles. Selon l’exécutif, cette meilleure mobilité permettra de répondre plus promptement aux alertes transmises par les airs. En outre, la ministre Dr Kijaji a enjoint à la TAWA d’améliorer la gestion financière des zones de gestion de la faune en les connectant à des investisseurs fiables, tout en sensibilisant les populations locales aux retombées économiques générées.
Une stratégie nationale face aux pressions climatiques et à l’empiétement des corridors
Les interactions conflictuelles entre les habitants et les animaux ne relèvent pas du hasard. Le directeur de la faune sauvage, Alexanda Lobora, a souligné que la réduction de ces tensions constitue une priorité absolue pour le ministère sur l’exercice budgétaire 2026/2027. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de plusieurs feuilles de route institutionnelles, incluant la Stratégie nationale décennale de résolution des conflits (2026/2027-2036/2037), la stratégie de conservation des éléphants 2023-2033 et la stratégie d’officialisation des corridors de faune 2022-2027.

Les autorités rappellent que le braconnage, le commerce illégal, l’empiétement sur les aires protégées, la prolifération de plantes envahissantes ainsi que les chocs climatiques exacerbent ces tensions. Les sécheresses, l’imprédictibilité des précipitations et les inondations perturbent les habitats naturels, altérant l’accès à l’eau et aux pâturages pour les animaux.
L’intégration du système numérique PAIS pour le suivi en temps réel
Pour moderniser la gestion des incidents, le gouvernement s’appuie désormais sur le système d’information numérique sur les animaux à problèmes (PAIS). Cet outil informatique permet de collecter et d’analyser en direct les signalements de incursions animales.
Du côté de l’administration régionale et des gouvernements locaux, représentés par Rogasian Lukoa, on assure que la collaboration interministérielle sera maintenue pour sécuriser les populations riveraines. Le système PAIS doit également accélérer le traitement des dossiers et faciliter l’acheminement des indemnisations destinées aux résidents touchés par les destructions de cultures ou les pertes matérielles.
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