À Magdebourg, le co-président du groupe AfD Ulrich Siegmund a provoqué une vive polémique en associant la production d’équipements de défense à un projet d’expulsion massive. Ses déclarations, faites en marge de la formation du nouveau Landtag, ont immédiatement suscité des condamnations unanimes de la part des autres partis politiques allemands.
La séquence politique s’est ouverte au lendemain des élections en Saxe-Anhalt. Interrogé par des journalistes sur la possible implantation d’un site de production du groupe de défense israélien Elbit Systems à Sangerhausen, le co-chef de file de l’Alternative pour l’Allemagne a explicitement relié cette perspective industrielle aux projets migratoires de sa formation.
Ulrich Siegmund, co-président du groupe AfD en Saxe-Anhalt, a déclaré que son parti ne rejette pas en bloc la production d’équipements de défense, dans la mesure où il aura naturellement besoin des équipements correspondants lors de sa future offensive de remigration et d’expulsion.
L’élu a ensuite élargi son propos en invoquant la sécurité intérieure, la stabilité institutionnelle et la défense du pays. Face à l’indignation générale suscitée par ces propos, le responsable politique a tenté de clarifier sa pensée auprès de la presse en soulignant que la production d’armements constitue un vaste domaine qui ne se limite pas aux armements lourds.
Les réactions politiques et le rejet des partis représentés au Landtag
La classe politique régionale et fédérale a vivement réagi à ces prises de position. La présidente du groupe SPD au Landtag, Katja Pähle, a estimé que ces déclarations marquaient une nouvelle qualité inquiétante dans le discours public. Selon elle, l’évocation de matériel militaire pour mener à bien des expulsions de grande ampleur équivaut à ériger la violence en instrument politique.

Du côté du Bündnis Sahra Wagenknecht, dont le positionnement en tant que force d’appoint potentielle est scruté de près dans la région, la distance a été prise immédiatement. La vice-présidente du groupe parlementaire BSW, Claudia Wittig, a rappelé que les expulsions ne relèvent en aucun cas d’une mission militaire, qualifiant les propos de son interlocuteur de pure provocation trahissant une méconnaissance des cadres juridiques en vigueur.
Le co-président fédéral du BSW, Fabio De Masi, a abondé dans ce sens en affirmant que la défense d’une telle ligne témoigne d’une volonté d’éviter l’exercice réel du pouvoir au profit de polémiques stériles. Le parti maintient son opposition résolue au projet d’implantation industrielle à Sangerhausen.
Les explications de l’élu et les soutiens internes au Bundestag
Une controverse au cœur des équilibres institutionnels en Saxe-Anhalt
Ces passes d’armes interviennent alors que le paysage politique local cherche à se structurer après le scrutin. Alors que des manifestations rassemblant des milliers de personnes ont eu lieu pacifiquement à Magdebourg et à Halle pour défendre les valeurs démocratiques, les partis traditionnels intensifient leurs mises en garde.
La ministre de la Justice et des Affaires sociales du Schleswig-Holstein, Aminata Touré, a formulé des critiques sévères en déclarant que les fantasmes d’expulsion s’accompagnent désormais d’une rhétorique de force brute, appelant à un examen rigoureux des dispositifs juridiques permettant de protéger les institutions démocratiques face à l’extrême droite.
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