La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a défendu l’accord pétrolier conclu avec les États-Unis, affirmant qu’il préserverait la souveraineté nationale tout en générant plus de 209 milliards de revenus et en ouvrant l’accès à 17 champs stratégiques majeurs.
Les détails et la portée de l’accord pétrolier entre Caracas et Washington
Neuf mois après l’intervention américaine qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro, le gouvernement vénézuélien tente de rassurer une opinion publique profondément divisée. L’accord, annoncé par Donald Trump, accorde aux États-Unis des parts dans 17 champs stratégiques et un accès à une réserve estimée à 65 milliards de barils de brut lourd, un type de pétrole particulièrement recherché par les raffineries de la côte du Golfe mexicain selon la couverture de Fox News.
Intervenant lors d’une allocution télévisée de six minutes, Delcy Rodríguez a qualifié le pacte d’opportunité indispensable pour ranimer une économie exsangue. Les avantages sont infinis, a-t-elle déclaré, tout en insistant sur le fait que posséder les plus grandes réserves mondiales sous terre ne suffisait plus.
Tensions politiques et accusations de néocolonialisme au Venezuela
Malgré les promesses de prospérité économique, le pacte suscite une vague d’indignation tant au sein de l’opposition libérale que dans les rangs des partisans du chavisme historique. De nombreux militants et anciens responsables craignent une perte de contrôle sur les richesses nationales au profit de Washington.

Ils cèdent 65 milliards de barils de nos réserves aux États-Unis. Cela ne s’est jamais produit au Venezuela, et je pense nulle part ailleurs dans le monde. Rafael Ramírez, ancien chef de PDVSA, via The Guardian
Dans la rue, le mécontentement se traduit par des manifestations.
Les enjeux économiques et le pari stratégique des États-Unis
Du côté de Washington, Donald Trump a affirmé qu’il s’agissait du plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale et a indiqué que cette manne permettrait de reconstituer les Réserves stratégiques de pétrole américaines, jugées appauvries. Pour l’économie vénézuélienne, qui garde officiellement la propriété et la souveraineté de ses actifs selon l’exécutif, l’accord est censé rapporter plus de 209 milliards de dollars en taxes et redevances sur sa durée de vie, garantissant près de 19 dollars de profit par baril produit pour l’État.

Cependant, les experts économiques locaux invitent à la prudence quant à l’immédiateté des retombées pour la population. L’ingénieur et universitaire Oswaldo Felizzola, cité par le quotidien Sud Ouest, a tempéré en affirmant que l’augmentation de la production ne se verra pas avant au moins trois, quatre ans, rappelant que sans capitaux extérieurs, les infrastructures locales n’auraient pas pu exploiter ces gisements avant plus d’une décennie.
L’avenir politique de Delcy Rodríguez et le calendrier électoral
Au-delà des aspects strictement énergétiques, les analystes politiques estiment que ce rapprochement spectaculaire avec l’administration américaine pourrait servir de bouclier politique à l’actuelle présidente par intérim. En s’alignant sur les intérêts sécuritaires et économiques de Washington, Delcy Rodríguez pourrait potentiellement réduire l’empressement de la Maison-Blanche à réclamer l’organisation immédiate de nouvelles élections présidentielles dans le pays.
Je pense que cela peut bénéficier à Delcy dans la mesure où cela renforce l’engagement de Trump à travailler avec elle et diminue probablement les incitations à aller rapidement vers un nouveau vote, a analysé Risa Grais-Targow, directrice pour l’Amérique latine chez Eurasia Group, dans une analyse relayée par le South China Morning Post. C’est précisément cette perspective qui attise la colère de l’opposition, inquiète de voir l’horizon démocratique s’éloigner durablement.
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