Six mois après le début de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le conflit s’enlise dans le détroit d’Ormuz. Les incidents maritimes se multiplient, tandis que Téhéran résiste à une pression économique accrue et que la France supporte le plus lourd surcoût énergétique en Europe.
Une escalade maritime et un détroit verrouillé au cœur du golfe
La situation dans les eaux stratégiques du Golfe reste critique. Un pétrolier a été touché par un projectile inconnu
qui a endommagé sa salle des machines et l’a rendu inopérant
au large d’Oman, selon une annonce de l’agence maritime britannique UKMTO, relayée par les derniers rapports d’incidents maritimes. L’attaque s’est produite à neuf milles nautiques au nord-est d’Ash Shishah, dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes au sein de l’équipage.
Depuis le début des hostilités fin février, l’Organisation maritime internationale (OMI) a confirmé un total de 69 incidents dans la région, soit environ un tous les deux jours et demi. Ces heurts ont entraîné la mort d’au moins 20 marins et travailleurs portuaires, blessé 35 personnes et laissé un disparu. La moitié de ces incidents a ciblé des pétroliers, tandis que les navires battant pavillon du Liberia, du Panama et des îles Marshall ont été les plus touchés.

Alors que les frappes aériennes ont globalement cessé, le conflit se cristallise autour du passage contrôlé par l’Iran. L’État iranien affirme que le détroit restera verrouillé tant que Washington ne lèvera pas son blocus sur les ports iraniens et ses sanctions économiques, rompant ainsi le protocole d’accord conclu en juin. De son côté, le Qatar mène des médiations pour tenter de rétablir la liberté de navigation et relancer les négociations, qualifiées de constructives par le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
L’économie iranienne sous tension face aux sanctions secondaires de Washington
À terre, l’économie de l’Iran subit de plein fouet les conséquences du conflit et des décennies de restrictions internationales. Le président Massoud Pezeshkian a admis que le pays faisait face à des difficultés majeures. L’inflation sur douze mois a atteint 66 % en juillet, et le taux de change s’est effondré à 1,88 million de rials pour un dollar. Les exportations pétrolières iraniennes ont chuté de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, au plus bas depuis le début du conflit, d’après les données de la société Kpler.

En réponse à cette situation, le gouvernement américain a intensifié sa pression financière. Le ministre des Finances Scott Bessent a dévoilé un nouveau train de sanctions secondaires
visant les partenaires commerciaux de l’Iran dans les secteurs de l’or, de la technologie, des actifs numériques, de l’aviation et du transport maritime, en plus de mesures ciblant 60 individus et entités.
Malgré ces mesures, Téhéran affiche sa volonté de résistance. Le ministre de l’Économie Ali Madanizadeh a affirmé à la télévision d’État que le pays disposait d’un plan sur deux ans pour contrer ces pressions. De plus, la Chine, principal partenaire commercial de l’Iran, a fait savoir qu’elle défendrait fermement ses intérêts et sa coopération avec Téhéran, balayant les avertissements de Washington.
La facture énergétique s’envole en Europe et particulièrement en France
Les répercussions du conflit ne se limitent pas au Moyen-Orient. Les pays importateurs d’énergies fossiles subissent le plus important choc pétrolier durable depuis la guerre du Golfe de 1990, selon une estimation du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA). Le surcoût global net pour ces nations atteint 330 milliards de dollars.

En Europe, la France supporte la facture énergétique nette la plus élevée, avec une hausse estimée à 10,3 milliards de dollars. Ce montant intègre notamment un surcoût de 2,1 milliards pour le diesel et de 2,5 milliards pour le gaz naturel liquéfié (GNL). En proportion de sa richesse annuelle, ce surcoût représente 0,32 % du PIB français, un niveau inférieur à celui de l’Italie (0,42 %) et de l’Espagne (0,46 %), mais supérieur à celui de l’Allemagne (0,09 %).
Une transition du pouvoir vers les Gardiens de la Révolution
Sur le plan politique et militaire, le régime iranien a résisté aux frappes d’envergure menées entre février et avril, qui ont visé des milliers de cibles. Malgré l’élimination de nombreux hauts responsables au début du conflit et la mort du guide suprême Ali Khamenei, le système s’est réorganisé. Le nouveau guide Mojtaba Khamenei s’appuie sur les Gardiens de la Révolution, dont l’influence s’est considérablement renforcée.
D’après Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group, interrogé par les analystes spécialisés, le système politique iranien a évolué d’une théocratie classique vers un État sécuritaire dominé par les Gardiens, le nouveau commandement militaire ayant été confié à des figures clés comme le général Ali Abdollahi et le général Ahmad Vahidi.
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