Face aux menaces de Washington d’imposer des sanctions économiques d’une sévérité inédite pour asphyxier le régime iranien, la Chine a rejeté publiquement cette politique de pression, réclamant des solutions diplomatiques alors que les tensions entrent dans leur sixième mois.
Une opération économique d’une ampleur sans précédent annoncée par Washington
Près de six mois après le début du conflit armé au Moyen-Orient, l’administration américaine a opéré un tournant stratégique majeur en délaissant temporairement la confrontation militaire directe pour se tourner vers l’arme financière. Le président américain Donald Trump a ainsi officialisé sur sa plateforme Truth Social le lancement de ce qu’il qualifie de campagne d’isolement et de guerre économique sans précédent contre Téhéran.
Dans le même temps, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a confirmé que des mesures secondaires strictes toucheraient tous les pays tiers et entités maintenant des liens commerciaux avec l’Iran. Le ministre américain a asséné lors d’une intervention télévisée que ce régime allait être renversé, tout en promettant de dévoiler l’ensemble des détails opérationnels de cette offensive financière.
Pékin et Moscou face à la stratégie d’asphyxie américaine
La réussite de cette stratégie d’isolement total dépend en grande partie de la posture adoptée par les grands partenaires commerciaux de Téhéran, au premier rang desquels figure la Chine. Le Trésor américain cherche ainsi à contraindre Pékin à couper ces flux, mais les analystes rappellent que les leviers de Washington restent limités.

Réagissant à cette offensive, le ministère chinois des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Lin Jian, a rejeté fermement l’efficacité de telles mesures coercitives. Les sanctions et la pression ne contribuent pas à résoudre le problème, a souligné Pékin, qui plaide pour le retour au dialogue et à la concertation politique.
De son côté, la Russie présente un profil différent en raison des régimes de sanctions déjà massifs qui pèsent sur son économie.
La rupture des Émirats arabes unis et la réaction de Téhéran
L’étau économique s’est encore resserré autour de l’Iran avec la décision des Émirats arabes unis. Ce partenaire commercial historique a suspendu jusqu’à nouvel ordre l’ensemble de ses échanges et de ses transactions financières avec Téhéran, après des accusations de tirs de missiles balistiques en direction de ses eaux territoriales — des allégations rejetées par l’Iran qui les qualifie d’opération montée de toutes pièces.

À l’intérieur des frontières iraniennes, l’économie subit de plein fouet le cumul de décennies de restrictions internationales et de la conflagration en cours. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a balayé les annonces de Washington en qualifiant le projet de « terrorisme économique » et de stratégie vouée à l’échec destinée à masquer les difficultés intérieures des États-Unis.
Nous avons vu ce film auparavant. Même topo, autres brutes. Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Alors que la contestation de la politique américaine s’organise et que les marchés énergétiques mondiaux réagissent aux incertitudes sur les approvisionnements, les autorités de Téhéran affirment leur volonté de s’adapter à cette nouvelle phase de pression, tandis que les détails concrets des sanctions promises par Washington sont attendus en début de semaine.
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