Des ossements préhistoriques découverts au large de Taïwan suggèrent que les énigmatiques Denisoviens, lointains cousins des Néandertaliens, figuraient parmi les humains les plus grands de l’histoire. Selon une étude pré-publiée, ces spécimens mesuraient entre 1,80 et 1,90 mètre, surpassant nettement les tailles moyennes de l’époque et d’aujourd’hui.
Des ossements géants repêchés dans le détroit de Penghu
Deux pièces squelettiques massives, composées d’un fémur et d’un fragment de tibia, ont refait surface grâce à une chalutier opérant à l’ouest de l’île de Taïwan. Ces vestiges, remontés des fonds marins en 2010 dans le détroit de Penghu, appartenaient à des individus dont la stature exceptionnelle variait entre 1,80 et 1,90 mètre. À cette époque de la dernière période glaciaire, le détroit constituait une vaste plaine rattachée à l’Asie continentale, dont le niveau des mers abaissé a préservé une multitude de fossiles archaïques.
L’analyse biochimique menée par des chercheurs japonais et taïwanais a permis d’isoler du collagène dans les deux os. Les séquences d’acides aminés obtenues correspondent précisément à la signature protéique caractéristique d’autres spécimens denisoviens connus. Bien que ces deux personnes ne représentaient peut-être pas la norme stricte de leur communauté, leur corpulence dépasse de loin les standards de leur genre.
Une stature qui surclasse Néandertal et les premiers Homo sapiens
La découverte redéfinit la morphologie connue de ce groupe humain mystérieux. Les Néandertaliens, bien que pourvus d’une musculature puissante, affichaient un gabarit plus modeste avec une taille masculine avoisinant 1,68 mètre. Quant aux premiers représentants d’Homo sapiens, leur moyenne masculine s’établissait autour de 1,75 mètre, tandis que les femmes se situaient à 1,68 mètre.
À titre de comparaison mondiale, la taille moyenne s’établit aujourd’hui à 1,71 mètre pour les hommes et 1,59 mètre pour les femmes, seuls quelques peuples contemporains comme les Néerlandais ou les Estoniens dépassant la barre des 1,80 mètre. Les Denisoviens, d’après les données recueillies, surpassaient largement ces mensurations.
Une expansion territoriale majeure à travers le continent asiatique
Connus initialement à travers de minuscules vestiges exhumés dans la grotte de Denisova en Sibérie, ces hominines se sont séparés de la lignée néandertalienne il y a environ 550.000 ans. Leur présence s’étendait de la Sibérie jusqu’au Tibet et à la Chine, qu’ils ont occupées jusqu’à leur disparition il y a environ 40.000 ans.

L’ampleur de leur implantation géographique s’est trouvée confirmée par l’identification de matériel génétique préservé non pas dans des os, mais directement dans les sédiments de la grotte Baishia, située sur le plateau tibétain à près de 3.000 kilomètres du site sibérien initial. Ce site, considéré comme sacré par les moines bouddhistes locaux, a nécessité des fouilles d’une grande minutie pour préserver l’intégrité des lieux.
Des croisements complexes avec les premiers Homo sapiens
Les analyses ADN mitochondrial extraites de ces couches sédimentaires, datées avec précision entre 100.000 et 45.000 ans, témoignent d’une occupation prolongée au moment même où les premiers humains modernes commençaient à arpenter l’Asie orientale. Des traces de leur génome subsistent d’ailleurs dans le patrimoine des populations actuelles d’Asie et d’Océanie.
Des recherches menées sur des fossiles humains de Mongolie et de la région de Pékin, datés respectivement de 34.000 et 40.000 ans, révèlent la présence d’ADN denisovien. Cependant, ces empreintes génétiques diffèrent de celles retrouvées chez les Aborigènes d’Australie ou les Papous de Nouvelle-Guinée, suggérant que les Homo sapiens se sont croisés avec plusieurs populations distinctes de Denisoviens, tant sur le continent asiatique que dans le Sud-Est de la région.
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