Conflit avec l’Iran : les émissions de CO2 liées à l’énergie devraient baisser en 2026

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone liées à l’énergie devraient diminuer de 0,5 pour cent en 2026, un recul inédit en dehors des crises économiques ou de la pandémie de 2020, provoqué directement par les perturbations du transport pétrolier à travers le détroit d’Hormuz suite au conflit armé impliquant l’Iran.

La guerre au Proche-Orient a provoqué des répercussions sismiques sur les marchés énergétiques internationaux. Alors que la fermeture effective des principaux points de passage maritimes perturbe l’acheminement du pétrole et du gaz, la demande mondiale subit une contraction brutale. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit désormais une chute de la demande mondiale de pétrole de 2,5 pour cent cette année par rapport à 2025, un chiffre qui surprend les analystes qui anticipaient au contraire une hausse notable au début de l’année.

Les perturbations du détroit d’Hormuz et la baisse de la demande pétrolière

L’impact immédiat de ce choc géopolitique se lit directement sur les cours du brut. Les prix du pétrole américain ont oscillé autour de 101 dollars le baril après une hausse abrupte de 19 pour cent en l’espace de trois semaines selon un article du Wall Street Journal, d’après les données relayées par le marché et la presse économique.

Conflit avec l'Iran : les émissions de CO2 liées à l'énergie devraient baisser en 2026
Photo : Theguardian

Cette contraction de la consommation de combustibles fossiles se traduit par un allègement des émissions polluantes. Selon une analyse de la publication spécialisée Carbon Brief, la baisse de la demande de pétrole équivaut à éviter les émissions de gaz à effet de serre produites par environ 42 millions de véhicules thermiques. Si l’on compare cette baisse aux prévisions initiales de l’AIE publiées en janvier, qui tablaient sur une croissance de la demande, la différence représente l’équivalent des émissions de 103 millions de voitures, comme le détaille l’analyse financière relayée par la presse.

L’accélération des investissements dans les énergies renouvelables et les véhicules électriques

Au-delà de la simple récession de la consommation, les tensions sur l’approvisionnement en hydrocarbures poussent de nombreux gouvernements à revoir leur stratégie énergétique à long terme. Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), souligne lors d’un entretien avec Jing Zhang de UN News pendant la Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale que la crise redéfinit la notion même de sécurité énergétique, affirmant selon les Nations Unies : « Les pays ont réalisé qu’un système énergétique centralisé fondé sur les énergies fossiles n’offre pas la sécurité énergétique. »

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Dans plusieurs régions du monde, cette prise de conscience se traduit par une transition accélérée. Les ventes de véhicules électriques ont bondi dans des pays comme le Brésil, l’Inde, l’Indonésie et les Philippines selon les données de BloombergNEF, tandis que les investissements dans le solaire en Asie du Sud-Est ont presque triplé au cours du premier semestre de l’année par rapport à 2025 d’après Rhodium Group et le Global Clean Investment Monitor du MIT.

Le débat sur la permanence du changement et les divergences d’analyse

La question centrale qui divise les observateurs et les marchés financiers demeure la durabilité de cette destruction de la demande. Certains experts estiment que la modification des comportements pourrait s’inscrire dans la durée. Pavel Molchanov, analyste en stratégie d’investissement chez Raymond James, indique par courriel que l’AIE ne s’attend pas à ce que la demande de 2027 retrouve à peine ses niveaux d’avant-conflit, suggérant qu’une portion de la baisse est permanente, d’après les rapports de la presse économique régionale et de The Washington Post.

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Photo : Dan’s Papers

À l’inverse, les compagnies pétrolières maintiennent une vision à long terme axée sur la persistance des énergies fossiles. ExxonMobil estime ainsi que le monde consommera encore des volumes massifs de pétrole par an au milieu du siècle, contre 100 millions l’an dernier, et que les hydrocarbures composeront encore les deux tiers du mix énergétique mondial à cette échéance, d’après les prévisions publiées par le groupe. Les analystes soulignent également que des acteurs majeurs comme le Japon, la Chine et l’Inde ont temporairement intensifié leur recours au charbon pour contourner les goulets d’étranglement, tandis que des infrastructures alternatives sont remises en service, à l’instar du pipeline Est-Ouest en Arabie saoudite — construit dans les années 1980 — et de l’expansion du port de Fujairah par les Émirats arabes unis dans le golfe d’Oman.

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