Le conflit armé entre les États-Unis et l’Iran, déclenché le 28 février 2026, a provoqué la plus grande perturbation de l’offre de pétrole de l’histoire selon l’Agence internationale de l’énergie. Cette crise énergétique mondiale entraîne une flambée des prix et pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages iraniens après des mois de hostilités.
La confrontation militaire ouverte entre Washington et Téhéran, amorcée par une opération conjointe américano-israélienne, a redessiné brutalement la carte géopolitique et économique du Moyen-Orient. Ce déploiement militaire d’envergure, le plus important depuis l’invasion de l’Irak en 2003, s’est immédiatement traduit par un blocage de facto du détroit d’Ormuz. Par cette voie maritime essentielle transite une part importante du pétrole mondial, transformant le conflit régional en tempête parfaite pour l’économie planétaire.
Effondrement de la production pétrolière et ponction des réserves mondiales
L’Agence internationale de l’énergie documente la perte de plus de 2,6 milliards de barils de pétrole brut depuis le début des hostilités. Les exportations en provenance du Golfe ont chuté de 24 millions de barils par jour avant la crise à 16,1 millions à la fin du mois de juin.
Pour parer à cette pénurie, les 32 pays membres de l’AIE ont dû libérer en mars dernier 426 millions de barils de leurs réserves stratégiques d’urgence, soit plus du tiers de leurs stocks. Malgré ces injections massives, les réserves mondiales ont plongé à 7,959 milliards de barils à la fin du deuxième trimestre, touchant leur niveau le plus bas depuis un an. En parallèle, l’Arabie saoudite a réduit sa propre production à la suite de l’arrêt de deux gisements majeurs en mer, dont le vaste champ de Safaniya, tandis que les États arabes du Golfe diminuaient leurs extractions d’au moins 10 millions de barils par jour dès le mois de mars.
Flambée des cours du brut et répercussions sur l’économie internationale
La sanction sur les prix fut immédiate. Le marché pétrolier a ainsi enregistré une augmentation historique en une seule semaine, un seuil qui n’avait plus été franchi depuis 1983.
Aux États-Unis, en Californie, le gallon d’essence a franchi la barre des 5 dollars dès la deuxième semaine de mars. Les coûts financiers se font également sentir pour les finances publiques américaines, les six premiers jours du conflit ayant coûté 11,3 milliards de dollars à Washington. L’économie mondiale subit désormais un ralentissement marqué, l’AIE tablant sur une contraction de la demande globale de pétrole de 1,1 million de barils par jour pour l’ensemble de l’année 2026.
Le quotidien des Iraniens pris en étau entre sanctions et bombardements
À l’intérieur des frontières iraniennes, la population fait face à une dégradation profonde de ses conditions de vie. Après une brève accalmie marquée par un cessez-le-feu en avril et la signature d’un protocole d’accord en juin, la reprise des bombardements en juillet a achevé d’anéantir les espoirs d’une embellie économique.
À la date du 22 juillet, l’inflation sur douze mois atteignait 66 %, contre 46 % au mois de février. Parallèlement, la devise nationale poursuit sa chute vertigineuse : un dollar s’échangeait contre 1 880 000 rials, contre 1 650 000 juste avant le déclenchement des hostilités. Face à cette hyperinflation chronique, les habitants multiplient les arbitrages quotidiens pour survivre.

Mahzad Azari, commerçante à Téhéran, via Sud Ouest, a déclaré qu’elle devait se priver d’une chose pour s’en permettre une autre.
De nombreux établissements locaux proposent désormais des facilités de paiement échelonné pour les courses alimentaires et les frais médicaux, offrant un répit de courte durée à une population dont le pouvoir d’exercice s’étiole. Tous les rêves que nous avions s’éloignent chaque jour un peu plus, résume une commerçante travaillant sur le grand marché de Tajrish, tandis que d’autres salariés jonglent entre plusieurs emplois pour faire face à la vie quotidienne.
Résilience nationale et perspectives d’avenir incertaines
Face à cette crise multidimensionnelle, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a exhorté dans un message publié en mai les entreprises à préserver l’emploi et les législateurs à soutenir l’économie de la résistance, un concept forgé en 2010 par son père Ali Khamenei visant à réduire la dépendance extérieure de la République islamique.
Si les experts locaux soulignent la capacité d’adaptation de l’économie iranienne face aux crises successives, ils rappellent que cette résistance a un coût exorbitant pour les finances publiques et le niveau de vie général. Behnam Samadi, économiste basé à Téhéran, interrogé par la publication régionale, a demandé de savoir combien de temps cette résilience pourrait durer. Alors que les dégâts sur les infrastructures énergétiques mondiales s’avèrent considérables, les spécialistes estiment que la reconstruction du système énergétique international exigera plusieurs années, indépendamment d’une éventuelle issue diplomatique au conflit.
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