L’affaire du célèbre bassin réfléchissant situé sur le National Mall à Washington a pris une tournure inattendue samedi 1er août 2026. Le président américain Donald Trump s’est vivement opposé à la décision de la procureure fédérale de la capitale, Jeanine Pirro, pourtant nommée par ses soins, d’abandonner les poursuites pénales visant un ancien athlète olympique accusé d’avoir dégradé le site.
L’abandon des poursuites contre David Hearn et le désaveu de la procureure
Dans un document officiel déposé vendredi auprès du tribunal de district, le bureau de Jeanine Pirro a demandé l’abandon des poursuites à l’encontre de David Hearn, âgé de 67 ans. Ancien canoéiste olympique, il encourait jusqu’à dix ans de prison pour avoir prétendument arraché une portion de deux pieds carrés du revêtement tapissant le fond de ce bassin monumental de 610 mètres de long.

Cependant, une inspection visuelle récente et des documents fournis par le ministère de l’Intérieur ont révélé des dégâts s’étendant à l’ensemble de la piscine, y compris au centre, là où un simple acte de vandalisme isolé paraît peu probable. La procureure a ainsi conclu que les dommages constatés sur le bassin provenaient d’une installation défectueuse plutôt que d’une action criminelle délibérée.
“Compte tenu de toutes ces informations récemment découvertes, il est difficile d’attribuer les dégâts étendus subis par le bassin réfléchissant à un acte de vandalisme, et encore moins d’établir ce fait hors de tout doute raisonnable.”
Jeanine Pirro, procureure fédérale du district de Columbia, via La Tribune
La colère de Donald Trump sur sa plateforme Truth Social
Cette volte-face judiciaire a immédiatement provoqué la colère du chef de l’État, qui a exprimé son incompréhension sur les réseaux sociaux. L’ancien animateur de Fox News et proche allié présidentiel s’est retrouvé au cœur d’une rare confrontation publique avec l’exécutif.

“Je suis en désaccord total avec Jeanine Pirro (…) Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête.”
Donald Trump, président américain, via Watson
Tout en admettant implicitement qu’il y a peut-être eu des problèmes avec l’entrepreneur, le président a martelé que les dégâts majeurs ont été causés par des vandales. Pour appuyer sa thèse, il a publié une vidéo de quatre minutes issue de caméras de surveillance montrant des personnes plongeant leurs mains dans l’eau, bien que ces images ne permettent pas d’identifier formellement les actes de découpe au couteau dénoncés par la présidence.
Un chantier de 14 millions de dollars sous haute tension politique
Derrière ce feuilleton judiciaire se profile un embarras politique majeur pour l’administration. Lancée au printemps à l’initiative du président en vue des célébrations du 250e anniversaire du pays, la rénovation d’environ 14 millions de dollars avait été confiée sans appel d’offres à l’entreprise Atlantic Industrial Coatings, basée en Virginie et ayant déjà collaboré sur un terrain de golf appartenant à Donald Trump.
La précipitation pour achever les travaux avant les festivités nationales du Jour de l’Indépendance a conduit à un décollement rapide de la membrane d’étanchéité et à une prolifération fulgurante d’algues. Le National Park Service s’est ainsi vu contraint de vider à nouveau le bassin à la mi-juillet afin d’entreprendre de nouvelles réparations sur ce site emblématique.
La position du ministère de l’Intérieur et les réactions juridiques
Le secrétaire américain à l’Intérieur Doug Burgum, dont dépend directement le National Park Service chargé des monuments historiques, a rapidement emboîté le pas au président. Il a rejeté la décision de la procureure, qualifiant les dégradations d’authentique profanation imputable à des vandales.
De leur côté, les avocats de David Hearn n’ont pas tardé à réagir, pointant du doigt les contradictions de l’exécutif et signalant leur intention d’engager d’éventuels recours juridiques pour défendre leur client, tout en estimant que la procureure a fini par reconnaître l’évidence d’une gestion défaillante de la part du gouvernement.
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