L’Italie nomme Roberto Mancini et Claudio Ranieri pour la Squadra Azzurra

La Fédération italienne de football a officialisé, le 28 juillet, le retour de Roberto Mancini (61 ans) à la tête de la Squadra Azzurra pour un second mandat. Ce retour s’accompagne de la nomination de Claudio Ranieri (74 ans) comme directeur technique de l’équipe nationale et du système de formation, remplaçant Paolo Maldini.

Le choix de la Fédération marque une rupture nette avec la stratégie précédemment impulsée par Paolo Maldini. Ce dernier avait tenté d’imposer une ligne de jeunesse en poussant pour la nomination d’Andrea Pirlo, après avoir essuyé des refus de la part de Carlo Ancelotti et Pep Guardiola. Ce désaccord profond sur la direction du football italien a conduit à la démission de Maldini et de son conseiller, Leonardo.

Le rejet du projet Pirlo et le retour au pragmatisme

La Fédération a délibérément écarté la candidature d’Andrea Pirlo, jugeant son expérience d’entraîneur trop limitée pour les enjeux actuels. Malgré un palmarès de joueur exceptionnel, Pirlo est considéré comme manquant de maturité tactique, d’un cadre systémique assez mature et de capacité à gérer des équipes de haut niveau dans l’adversité ou lors d’ajustements en cours de match.

Face à ce constat, Mancini apparaît comme le profil le plus adapté. Son précédent passage a été marqué par une transformation profonde du jeu italien, s’éloignant du conservatisme pour instaurer un système alliant vitesse, discipline, résilience et spectacle, culminant avec le titre à l’Euro 2021, mettant fin à des années de disette de trophées pour l’Italie. Sa capacité à optimiser des effectifs modestes et à révéler des joueurs secondaires grâce à un agencement tactique précis et une cohésion d’équipe est l’atout majeur recherché pour stabiliser l’équipe.

Claudio Ranieri : un architecte pour le recrutement et la formation

L’arrivée de Claudio Ranieri au poste de directeur technique vise à combler des lacunes structurelles majeures. Tandis que Mancini se concentre sur la tactique, la direction lors des matchs et la cohésion de l’équipe première, Ranieri supervise la construction du système, la planification des jeunes et la sélection des talents.

L’expertise de Ranieri repose sur un réseau étendu acquis après des décennies d’expérience dans les championnats d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et de France. Ce réseau, que Maldini ne possédait pas, est jugé crucial pour une stratégie spécifique : l’intégration de joueurs naturalisés pour raccourcir le cycle de reconstruction. En s’appuyant sur ses contacts et sa réputation, Ranieri doit identifier et recruter des descendants d’Italiens de qualité évoluant dans les ligues européennes pour apporter des renforts immédiats.

Parallèlement, sa maîtrise de la construction des systèmes de formation et de la planification des échelons de talents doit fournir un soutien solide au travail de Mancini, conciliant renforcement à court terme et création de sang à long terme pour pallier la pénurie de talents du football italien.

Un retour sous tension : le défi de la légitimité

Si le profil technique de Mancini convainc la Fédération, son image auprès du public reste très dégradée. Son départ abrupt en août 2023, déclenché par la nomination forcée de Gianluigi Buffon comme manager, a créé un conflit irréconciliable. Son départ immédiat pour entraîner en Arabie saoudite lui a valu une réputation de personne ayant oublié la justice pour le profit.

Roberto Mancini et Claudio Ranieri, c'est le futur de l'Italie

Bien que l’entraîneur ait présenté des excuses publiques, la méfiance persiste.

Le tandem Mancini-Ranieri représente donc un pari sur la compétence technique pour masquer une crise de confiance populaire. Pour Mancini, l’unique moyen de restaurer son honneur et de regagner la confiance des supporters sera de produire des résultats immédiats et tangibles sur le terrain.

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