Des chercheurs du USF Health Morsani College of Medicine ont identifié une voie thérapeutique prometteuse pour préserver la fonction cardiaque chez les personnes atteintes de dystrophie musculaire de Duchenne (DMD). Selon une étude publiée dans la revue Molecular Therapy, le médicament expérimental Setanaxib a démontré une capacité à limiter l’élargissement du cœur et à réduire la fibrose tissulaire dans deux modèles précliniques de la maladie.
La problématique cardiaque dans la DMD
La dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie génétique progressive et fatale qui affaiblit les muscles du corps. Elle est causée par des mutations empêchant la production de dystrophine, une protéine essentielle à la stabilisation et à la protection des cellules musculaires. Sans cette protéine, les cellules sont vulnérables aux dommages causés par les contractions répétées, entraînant progressivement le remplacement du tissu musculaire sain par de la graisse et des cicatrices fibreuses.
Le cœur est particulièrement exposé en raison de sa nécessité de se contracter en continu. À mesure que les dommages s’accumulent, le muscle cardiaque peut s’agrandir et perdre sa capacité de pompage efficace, menant ultimement à une insuffisance cardiaque. Comme les traitements actuels permettent aux patients de vivre plus longtemps, la protection de la fonction cardiaque est devenue une priorité cruciale dans la gestion de la maladie, selon les chercheurs de l’Université de Floride du Sud ([University of South Florida](https://www.usf.edu/health/news/2026/usf-health-researchers-find-experimental-drug-may-protect-the-heart-in-duchenne-muscular-dystrophy.aspx)).
Mécanisme d’action du Setanaxib
Le Setanaxib agit en ciblant le stress oxydatif, un processus délétère au sein des cellules. Le médicament inhibe spécifiquement les enzymes NOX1 et NOX4, qui produisent des molécules hautement réactives. Si ces molécules jouent un rôle physiologique utile à des niveaux normaux, leur surproduction contribue à l’inflammation et à la fibrose.
En bloquant cette voie enzymatique, le Setanaxib a permis de préserver la capacité de pompage du cœur et d’abaisser l’activité des gènes associés à la cardiomyopathie. « Les résultats sont très prometteurs », a déclaré John Mably, professeur agrégé au sein de l’équipe de recherche. « L’inhibiteur de NOX4 a déjà été testé dans des essais cliniques pour le traitement de la fibrose pulmonaire ainsi que des maladies du foie et des reins.
Perspectives de recherche
L’étude, dirigée par Da-Zhi Wang, professeur au USF Health Morsani College of Medicine et directeur du Center for Regenerative Medicine au USF Health Heart Institute, s’appuie sur plus de 15 années de travaux en laboratoire. L’équipe a souligné que l’enzyme NOX4 pourrait servir de cible thérapeutique majeure pour traiter la cardiomyopathie associée à la DMD.
Outre Da-Zhi Wang et John Mably, l’équipe de recherche comprenait Gabriela Diniz, professeure adjointe, ainsi que des collaborateurs externes. Les chercheurs estiment que ces découvertes constituent une étape importante pour le programme de médecine régénérative et cardiaque, illustrant l’importance de la recherche biomédicale fondamentale pour le développement de futures thérapies visant à améliorer la qualité de vie des patients.
Bien que des progrès significatifs aient été réalisés dans le domaine des thérapies de remplacement génique, la DMD demeure une pathologie dévastatrice. Les chercheurs insistent sur l’urgence de mieux comprendre les mécanismes de progression de la maladie afin de concevoir des interventions capables d’atténuer les symptômes chez les jeunes garçons, population principalement touchée par cette maladie héritée via le chromosome X.
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