Le 29 juin 2026, la société britannique Cambridge Atomworks a signé une lettre d’intention avec Chiltern Vital Group pour implanter un prototype de micro-réacteur nucléaire Odin au Berkeley Green Science and Technology Park, dans le Gloucestershire. Ce projet vise à valider la physique et l’hydraulique thermique du réacteur pour obtenir les approbations réglementaires mondiales.
L’implantation stratégique au Berkeley Green Science and Technology Park
Le choix du site ne doit rien au hasard. Le parc technologique de Berkeley, situé sur d’anciennes terres de la centrale nucléaire de Berkeley, a été acquis en 2024 par Chiltern Vital Berkeley (CVB). L’objectif est de transformer ce terrain industriel en un pôle mondial d’éducation et de technologie énergétique décarbonée au sein du supercluster nucléaire de Severn Edge.

Si le projet est approuvé, le développement pourrait s’étendre sur 5,6 hectares (600 000 pieds carrés), intégrant des laboratoires, des bureaux et des unités de fabrication. Selon les prévisions de CVB, cette infrastructure pourrait générer jusqu’à 1 000 emplois. Chris Turner, PDG de CVG et CVB, a souligné l’importance de ce partenariat pour le développement du parc.
“Cambridge Atomworks acceptant d’implanter son installation prototype de recherche et développement à Berkeley représente une autre étape importante pour le développement du Berkeley Green Science and Technology Park (BGSTP) par Chiltern Vital Berkeley en tant que pôle mondial de technologie, d’éducation et de formation à l’énergie zéro carbone au sein du Severn Edge Nuclear Supercluster.
L’architecture technique du micro-réacteur Odin
Le système Odin se distingue par une approche technique visant l'autonomie totale. Sa conception permet l'intégration des systèmes de conversion de puissance et de rejet de chaleur dans une unité compacte, capable de fournir de l'électricité sans connexion au réseau externe.

L’un des points critiques de l’Odin est sa capacité à fonctionner loin des ressources hydriques. Le réacteur utilise l’air comme dissipateur thermique final et repose sur une circulation naturelle, tant pour le sel fondu que pour le système auxiliaire de refroidissement par air. Cette caractéristique le rend, selon l’entreprise, « walk-away safe », c’est-à-dire sécurisé même en cas d’abandon du site lors d’un scénario d’urgence.
Cette polyvalence cible des marchés très spécifiques : les sites miniers traitant des minéraux critiques et les installations industrielles situées dans des zones reculées où l’infrastructure électrique est inexistante.
Un enjeu réglementaire et de formation pour 2030
L’objectif de Cambridge Atomworks est de rendre le prototype opérationnel d’ici 2030. Au-delà de la production d’énergie, le site de Berkeley servira de laboratoire de données pour répondre aux exigences des régulateurs internationaux sur la physique et l’hydraulique thermique du micro-réacteur.
Une fois la campagne de démonstration physique terminée, le réacteur changera de vocation pour devenir un centre d’instruction. The Manila Times rapporte que le PDG de Cambridge Atomworks, Ian Farnan, voit là une opportunité de combler un vide structurel au Royaume-Uni.
“Une fois notre campagne de démonstration physique terminée, notre objectif est d’utiliser le réacteur prototype basé à Berkeley comme installation de formation pour notre main-d’œuvre mondiale et pour la main-d’œuvre nucléaire du Royaume-Uni. Actuellement, il n’existe aucune installation de formation aux réacteurs à cet effet au Royaume-Uni.
Le contexte global : l’accélération des startups nucléaires
- Helion Energy a obtenu des licences du département de la Santé de l’État de Washington pour construire la première centrale à fusion nucléaire au monde, contournant partiellement la Commission de réglementation nucléaire (NRC) grâce au cadre des matériaux dérivés.
Trajectoire de Cambridge Atomworks : du consulting à la propriété
Fondée en 2023, l'entreprise a initialement développé le micro-réacteur Odin pour la firme américaine NANO Nuclear via un contrat de consulting. Ce n'est qu'en 2024 que la société a racheté la propriété intellectuelle de sa propre technologie.

L’entreprise a consolidé son infrastructure technique en signant, en mars 2024, un mémorandum d’entente avec le cabinet de conseil en ingénierie Mott MacDonald. Ce réseau de partenariats, allant de la gestion technique à l’immobilier stratégique avec CVG, place l’Odin dans une position favorable pour passer du stade de concept à celui de réalité industrielle d’ici la fin de la décennie.
Le succès du projet dépendra désormais de la capacité de l’entreprise à transformer les données de physique et d’hydraulique thermique recueillies à Berkeley en autorisations concrètes de déploiement, un goulot d’étranglement historique pour les nouvelles technologies nucléaires.
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