Home InternationalAccord Iran-États-Unis : levée des sanctions pétrolières, mais chaos diplomatique

Accord Iran-États-Unis : levée des sanctions pétrolières, mais chaos diplomatique

Un processus diplomatique marqué par le chaos et l'incertitude

Les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord (MOU) visant à mettre fin aux hostilités militaires, incluant le front libanais. Signé mercredi à Versailles par Donald Trump et Masoud Pezeshkian, l’accord prévoit la levée des sanctions sur le pétrole iranien et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Un processus diplomatique marqué par le chaos et l’incertitude

Un processus diplomatique marqué par le chaos et l'incertitude
La conclusion de cet accord de paix a été entachée par une série de messages contradictoires émanant de l’administration américaine. Selon les informations rapportées par NBC News, la gestion de la signature a provoqué une confusion croissante au sein de la Maison Blanche. Alors que le vice-président JD Vance avait signé le document dimanche, le président Donald Trump a annoncé par la suite qu’une cérémonie officielle de signature aurait lieu le vendredi suivant. Cette instabilité de communication s’est étendue à la publication du texte même du protocole. Les responsables de l’administration ont offert des versions divergentes sur le moment de sa diffusion, certains évoquant un délai de 24 à 48 heures, tandis que d’autres affirmaient qu’aucune publication ne serait faite avant le vendredi. Le président Trump a même suggéré, lors d’un sommet du G7 en France, qu’il pourrait lire le texte à haute voix lors d’une conférence de presse, une action qui n’a finalement été réalisée que par des responsables américains lors d’un appel avec les journalistes. Le dénouement a finalement pris une tournure inattendue lors d’un dîner à Versailles, en présence du président français Emmanuel Macron, où Donald Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian ont signé l’accord une seconde fois. Ce revirement laisse planer un doute sur la nécessité de la cérémonie prévue vendredi ou sur l’existence même de négociations ultérieures.

Les engagements de fin de guerre et la souveraineté du Liban

Les engagements de fin de guerre et la souveraineté du Liban
Le contenu du protocole d’accord, dont les détails ont été rendus publics par la BBC, définit une rupture radicale avec les mois de tensions et de frappes de missiles. Le document stipule la fin immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, citant explicitement le Liban. Le texte précise que les deux parties s’engagent à ne plus initier de guerre ou d’opération militaire l’une contre l’autre, tout en garantissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. L’objectif affiché est de transformer cet accord en une cessation définitive des hostilités sur l’ensemble des théâtres d’opérations. « Les États-Unis d’Amérique s’engagent qu’immédiatement après la signature de ce protocole d’accord, et jusqu’à la fin des sanctions, le département du Trésor américain délivrera des dérogations pour l’exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et de dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc. », via le protocole d’accord officiel

La levée des sanctions pétrolières et le détroit d’Ormuz

Iran war, the Strait of Hormuz… The full interview with Donald Trump
L’un des piliers de cet accord est la réouverture du détroit d’Ormuz, un point de passage vital pour le commerce mondial. Bien que le protocole d’accord stipule que les dérogations et la circulation doivent commencer immédiatement, le déblocage effectif des navires sortant ou entrant dans les ports iraniens n’a eu lieu qu’après la seconde signature à Versailles. Donald Trump a exprimé sa volonté de « autoriser pleinement » la réouverture de cette voie maritime, qu’il qualifie de deal « complet ». Le président a insisté sur la sécurité des flux commerciaux, affirmant : « Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement. Nous n’autoriserons pas que des navires commerciaux soient attaqués. », Donald Trump, via NBC News Toutefois, la chronologie des déclarations présidentielles a semé le doute : après avoir annoncé une ouverture immédiate le dimanche, le président a affirmé seulement une heure plus tard que le détroit ne s’ouvrirait que lors de la cérémonie du vendredi. JD Vance a toutefois précisé jeudi que le délai de 60 jours pour parvenir à un accord à long terme était déjà entamé.

Les critiques des sénateurs républicains

Malgré l’espoir d’une désescalade, l’accord suscite une vive opposition au sein du Parti républicain, alors que les prix de l’essence augmentent et que les élections de mi-mandat approchent. Certains élus s’inquiètent de la solidité de ce protocole face aux ambitions nucléaires de Téhéran.
  • Le sénateur Bill Cassidy (R-La.) a fustigé l’accord sur les réseaux sociaux.
  • Le sénateur John Kennedy (R-La.) a exprimé un scepticisme profond sur la fiabilité de l’Iran.
  • Le sénateur Lindsey Graham (R-S.C.) a adopté une position plus nuancée, bien que prudente.
« Reagan se retournerait dans sa tombe. C’est la pire erreur de politique étrangère de ces dernières décennies. », Bill Cassidy, via NBC News « À moins d’avoir été instruit à domicile par un buveur de jour, personne n’est certain que l’Iran fera quoi que ce soit. », John Kennedy, via NBC News Pour sa part, Lindsey Graham a indiqué avoir échangé avec l’envoyé américain Steve Witkoff. Il a déclaré que, selon lui, la signature du protocole d’accord pourrait être bénéfique si l’ouverture du détroit d’Ormuz et l’arrêt des hostilités se concrétisent effectivement.

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Photo: NBC News

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