Home NouvellesEspagne toujours favorite des Néerlandais malgré la hausse des séjours en France

Espagne toujours favorite des Néerlandais malgré la hausse des séjours en France

Pourquoi l’Espagne résiste-t-elle malgré la montée des vacances à domicile

Selon les dernières données du Nederlands Bureau voor Toerisme en Congressen (NBTC), 28 % des vacanciers néerlandais ont choisi de passer leur prochain séjour dans l’Hexagone, contre 18 % qui optent pour l’Espagne — pourtant toujours en tête des destinations étrangères. Une tendance confirmée par trois sources croisées : une hausse des départs en voiture (43 % contre 37 % l’an dernier), une préférence pour le « naseizoen » (fin août à septembre) et une sensibilité accrue aux conditions météorologiques et aux coûts. Les prix des billets d’avion, en hausse sur les trajets moyens (49 €) et longs (72 €), ainsi que les incertitudes géopolitiques (conflits au Moyen-Orient) expliquent ce repli vers des destinations plus accessibles. Pourtant, l’Espagne résiste grâce à son équilibre entre climat, infrastructures et rapport qualité-prix, même hors des zones touristiques saturées.

Pourquoi l’Espagne résiste-t-elle malgré la montée des vacances à domicile ?

L’Espagne conserve sa place de destination favorite grâce à trois atouts structurels, selon Welingelichte Kringen : son climat ensoleillé, une infrastructure touristique mature (campings modernisés avec pistes de padel et routes cyclables) et des prix encore compétitifs en dehors des hotspots comme les îles Baléares. « Même avec des hausses de prix sur les zones saturées, les vacanciers trouvent des alternatives abordables, notamment dans l’arrière-pays », note le rapport du NBTC. Cette résilience contraste avec des destinations comme la Turquie ou le Maroc, où les coûts ont explosé ces deux dernières années. Une étude interne du bureau révèle que 68 % des Hollandais interrogés citent le soleil comme critère principal, devant la proximité (52 %) et le coût (45 %).

Pourquoi l’Espagne résiste-t-elle malgré la montée des vacances à domicile ?

La clé ? La capacité des acteurs locaux à s’adapter. Les campings traditionnels, autrefois centrés sur les manèges, ont troqué leurs attractions vieillissantes contre des équipements « lifestyle » : terrains de padel, pistes de mountain bike et même des « pumptracks » (pistes de skate artificielles). « Cela répond à une demande croissante pour des activités moins passives, surtout chez les 25–45 ans », explique une responsable du secteur interrogée par Reisbizz. Résultat : l’Espagne attire toujours 18 % des vacanciers néerlandais, devant l’Allemagne (15 %) et la France (12 %), malgré une baisse de fréquentation dans les zones côtières les plus chères.

L’automobile et le « naseizoen » : les deux leviers de la nouvelle mobilité touristique

Le choix de la voiture (+6 points en un an, à 43 %) s’explique par trois facteurs : la flexibilité, le coût et la géopolitique. Selon la Vakantie Sentiment Monitor (VSM) du NBTC, publiée début juin 2026, les familles citent en premier lieu « la liberté de modifier l’itinéraire » (72 %), devant « l’économie » (65 %) et « l’évitement des grèves aériennes » (48 %). Les nouvelles taxes sur les billets d’avion (49 € pour les trajets moyens, 72 € pour les longs courriers) ont accéléré cette tendance, surtout pour les destinations européennes comme la France ou l’Espagne, accessibles en moins de 12 heures de route.

L’automobile et le « naseizoen » : les deux leviers de la nouvelle mobilité touristique
Photo: Reisbizz

Le « naseizoen » (septembre à octobre) gagne aussi du terrain : 39 % des vacanciers interrogés par l’ANP privilégient désormais cette période, contre 28 % un an plus tôt. « Les vacanciers fuient les foules de juillet-août et cherchent des tarifs plus bas », confirme Yvonne Nassar, directrice du NBTC. Les régions comme la Veluwe ou la Frise, moins chères que les stations balnéaires, profitent de cette dynamique. Pourtant, l’Espagne reste attractive en « hors-saison » : les prix des locations baissent de 20 à 30 % en septembre, selon les données du bureau.

« Les vacanciers veulent garder le contrôle » : le discours des professionnels du secteur

« Vacances restent un moment crucial pour se détendre et vivre de nouvelles expériences. Mais on observe que les voyageurs prennent des décisions plus réfléchies sur le quand et le . Le naseizoen et les destinations proches de chez soi deviennent de plus en plus attractifs pour un nombre croissant de voyageurs. »

Un baron de la "Mocro Maffia" néerlandaise interpellé en Espagne

Les agences de voyage, elles, restent sceptiques sur l’ampleur de cette transition. Reisbizz cite Klooster Reizen, qui souligne que « les autovacances ne se traduisent pas directement dans nos réservations ». Leonie Wünker, responsable communication chez l’agence, explique que « les clients qui optent pour la voiture réservent souvent leur location sur place, sans passer par un bureau ». Elle ajoute que la flexibilité des opérateurs touristiques (annulations gratuites, modifications d’itinéraires) réduit l’attrait pour les road-trips. « Pour certains voyageurs, la flexibilité compte toujours, mais pour beaucoup, ce n’est plus un critère décisif », précise-t-elle.

For more on this story, see Espagne vs. Cap-Vert : Simón et Gavi au cœur du Mondial 2026.

Cette divergence illustre un clivage générationnel : les 50 ans et plus privilégient les destinations lointaines (Espagne, Grèce) via des touroperateurs, tandis que les 18–35 ans misent sur des séjours courts en voiture ou en train, souvent combinés à des nuits en Airbnb. Les données du NBTC montrent que 62 % des vacanciers de moins de 35 ans ont réservé leur hébergement via des plateformes alternatives (Booking.com, Airbnb), contre 38 % pour les 50 ans et plus.

Quels sont les gagnants et les perdants de cette nouvelle donne ?

Les gagnants sont clairs : les régions intérieures néerlandaises (Gelderland, Limburg) voient leurs infrastructures touristiques se moderniser, avec des investissements dans les pistes cyclables et les hébergements « glamping ». L’Espagne, quant à elle, mise sur son réseau de campings haut de gamme et ses villes secondaires (comme Grenade ou Valence), moins saturées que Barcelone ou Madrid. À l’inverse, les compagnies aériennes low-cost (Transavia, Ryanair) subissent une baisse de fréquentation sur les trajets vers le Maghreb et le Moyen-Orient, où les tensions géopolitiques persistent.

Quels sont les gagnants et les perdants de cette nouvelle donne ?
Photo: Welingelichte Kringen

Les perdants ? Les destinations lointaines dépendantes du tourisme de masse, comme la Tunisie ou l’Égypte, où les réservations ont chuté de 40 % depuis 2024, selon des données internes du secteur. En Europe, la France et l’Italie perdent des parts de marché au profit de l’Espagne, grâce à des prix plus bas et une image moins « saturée ». « Le vrai test viendra quand le soleil espagnol coûtera aussi cher que le ciel gris des Pays-Bas », ironise un analyste du secteur cité par Welingelichte Kringen. Pour l’instant, les vacanciers néerlandais semblent prêts à parcourir des milliers de kilomètres pour éviter la pluie.

Que réserve l’avenir ? Trois scénarios pour les prochaines années

Trois tendances pourraient redessiner le paysage touristique d’ici 2028 :

  • L’essor des « slow trips » : des séjours de 10 à 15 jours en voiture ou à vélo, avec des étapes dans plusieurs pays (France, Belgique, Allemagne). Le NBTC anticipe une croissance de 25 % pour ce segment d’ici 2027.
  • La hausse des taxes environnementales : si les gouvernements européens durcissent les règles sur les émissions des voitures, le coût des autovacances pourrait augmenter, relançant l’intérêt pour l’avion.
  • La résilience de l’Espagne : tant que les prix restent inférieurs à ceux des destinations asiatiques ou américaines, elle devrait conserver sa première place parmi les destinations étrangères.

Pour les professionnels du tourisme néerlandais, l’enjeu sera de transformer cette tendance en opportunité. « Nous devons faire de la Veluwe et des provinces de l’est des destinations aussi attractives que l’Espagne, mais sans soleil », déclare un responsable du secteur à l’ANP. Reste à savoir si les Hollandais accepteront de sacrifier leur quête de lumière méditerranéenne pour des paysages locaux… même en plein été.

* Les données proviennent des rapports Vakantie Sentiment Monitor (VSM) du NBTC (juin 2026) et des analyses de Welingelichte Kringen, ANP, et Reisbizz.

Find more reporting in our Économie section.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.