Le sommet de Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping s’est conclu vendredi 15 mai 2026 par une annonce majeure : une commande chinoise de 200 avions Boeing, et une promesse chinoise d’aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz, sous tension depuis des mois.
Un accord commercial historique : la Chine s’engage sur 200 avions Boeing
Les négociations entre les États-Unis et la Chine ont abouti à une commande chinoise de 200 avions Boeing, selon les déclarations de Donald Trump après deux jours de sommet à Pékin. Bien que le chiffre reste inférieur aux 500 appareils évoqués lors de précédentes discussions, il s’agit d’une injection significative pour l’industrie aéronautique américaine, en pleine concurrence avec l’Airbus européen. La Chine, premier marché mondial pour les avions commerciaux, avait jusqu’alors réduit ses commandes en raison des tensions géopolitiques et des sanctions américaines sur des entreprises technologiques chinoises.
Cette annonce intervient alors que Boeing, déjà fragilisé par des retards de livraison et des problèmes de sécurité sur ses modèles 737 MAX, cherche à relancer ses ventes à l’international. Le président américain a qualifié ces accords de « fantastiques », soulignant leur portée économique pour les deux pays. Cependant, aucun détail n’a été communiqué sur les modèles concernés (probablement des 787 Dreamliner ou des 777) ni sur les conditions financières ou techniques de cette commande.
Le détroit d’Ormuz : une promesse chinoise sous conditions
Le sommet a également été marqué par des échanges sur la crise au Moyen-Orient, où le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour 20 % du pétrole mondial, est partiellement bloqué depuis des mois en raison des tensions entre l’Iran et Israël. Donald Trump a affirmé que Xi Jinping lui avait assuré : « Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider », une formulation volontairement vague mais perçue comme une ouverture à une médiation chinoise.
Pékin a, par ailleurs, réclamé un cessez-le-feu complet dans la région et la réouverture « dès que possible » du détroit, dans un communiqué publié par son ministère des Affaires étrangères. La Chine, qui entretient des relations étroites avec l’Iran tout en maintenant des liens économiques avec les États-Unis, se positionne ainsi comme un acteur clé dans la résolution du conflit. Cependant, aucune mesure concrète n’a été annoncée, et l’Iran reste sous sanctions américaines, limitant les marges de manœuvre de Pékin.
Une relation sino-américaine en reconstruction
Le sommet a été présenté comme une étape vers une « stabilité stratégique constructive », selon les termes utilisés par Xi Jinping. Cette formule, rendue publique par les autorités chinoises, suggère un recentrage des relations sur la coopération économique plutôt que sur la rivalité technologique ou militaire. Pourtant, les tensions persistent : Trump a rapporté que Xi lui avait « déclaré avec force » que la Chine ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran, une promesse difficile à vérifier en l’absence de transparence sur les livraisons d’armes.
Les analystes soulignent que cet accord sur les avions Boeing pourrait servir de levier pour d’autres concessions, notamment dans le domaine technologique, où les États-Unis maintiennent des restrictions sur les exportations vers la Chine. À l’inverse, Pékin pourrait utiliser cette commande pour obtenir des allègements sur les sanctions liées à l’Iran ou à la Corée du Nord.
Quels sont les prochains défis ?
Si le sommet a permis des avancées symboliques, plusieurs obstacles restent entiers :
– La crédibilité des promesses chinoises : Les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient exigeront des preuves concrètes de l’engagement de Pékin, notamment sur le détroit d’Ormuz.
– L’impact économique réel : La commande de 200 Boeing, bien que significative, ne compense pas les pertes subies par Boeing ces dernières années. Les livraisons dépendront des délais de production et des éventuelles contre-mesures américaines.
– La stabilité régionale : Sans désescalade entre Israël et l’Iran, les tensions au détroit d’Ormuz pourraient persister, malgré les déclarations diplomatiques.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer si ce sommet marque un tournant ou simplement une pause dans les relations sino-américaines et dans la crise moyen-orientale. Une chose est sûre : la Chine, en jouant les médiateurs, renforce son rôle géopolitique, tandis que les États-Unis cherchent désespérément à stabiliser une région où leurs intérêts économiques et sécuritaires sont en jeu.
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