Candidate à la mairie de Marseille assume des affinités avec la devise de Vichy, ravivant les tensions politiques
MARSEILLE, France – La candidate de droite et du centre à la mairie de Marseille, Martine Vassal, a suscité une vive controverse jeudi soir en assumant publiquement une affinité avec les valeurs associées au maréchal Philippe Pétain, figure emblématique du régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. L’incident s’est produit lors d’un débat télévisé diffusé sur BFMTV, en partenariat avec Le Figaro et La Provence.
Vassal, présidente du département des Bouches-du-Rhône, a listé les valeurs qui, selon elle, sont essentielles : « le mérite, le travail, la famille, la patrie ». Cette énumération a immédiatement interpellé Benoît Payan, le maire sortant de Marseille, qui a souligné qu’il s’agissait du triptyque pétainiste utilisé comme devise officielle de l’État français sous Vichy.
« C’est le slogan de M. Pétain », a rétorqué Payan, visiblement choqué.
Vassal a défendu son positionnement, affirmant qu’il s’agissait de « son slogan et de ses valeurs », et qu’elle les assumait pleinement. Elle a ajouté que ces valeurs étaient « passées de mode », mais qu’elle restait fidèle à ses convictions.
L’échange a provoqué une onde de choc dans le paysage politique marseillais, à trois semaines du premier tour des élections municipales. Franck Allisio, le candidat du Rassemblement National, a tenté de minimiser l’incident, soulignant que « hormis le macronisme et la devise pétainiste que vous venez d’employer », il y avait des points de convergence entre les candidats.
Romain Simmarano, porte-parole de la campagne de Vassal, a dénoncé une « fausse polémique » et a affirmé que la candidate était « aux antipodes des valeurs pétainistes ».
Cet incident intervient dans un contexte de montée du populisme et du nationalisme en Europe, et rappelle la sensibilité particulière de la question de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale en France. Le régime de Vichy, dirigé par Pétain, a collaboré avec l’Allemagne nazie et a été responsable de la persécution et de la déportation de milliers de Juifs et de résistants.
Les sondages récents placent Payan et Allisio en tête des intentions de vote pour les élections municipales, avec respectivement 31% et 29%. Vassal arrive en troisième position avec 21%, suivie de Sébastien Delogu (La France Insoumise) avec 12%, selon un sondage Elabe/Berger-Levrault réalisé pour BFMTV, La Provence et Le Figaro.
L’incident de jeudi soir pourrait avoir des conséquences importantes sur la campagne électorale à Marseille, une ville marquée par des tensions sociales et politiques profondes. La capacité de Vassal à surmonter cette controverse et à convaincre les électeurs de la sincérité de ses convictions sera déterminante pour ses chances de succès.
La question de l’héritage de Vichy et de la collaboration reste un sujet sensible en France, et cet incident rappelle la nécessité de rester vigilant face aux discours qui pourraient réhabiliter des figures et des idéologies du passé. Le gouvernement français a régulièrement réaffirmé son engagement à lutter contre l’antisémitisme et le racisme, et à préserver la mémoire de la Shoah.
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