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Gaza : Crise humanitaire et santé des personnes âgées

Gaza : Une crise sanitaire et humanitaire silencieuse frappe les personnes âgées

GAZA – Au milieu du conflit en cours et du blocus israélien des aides, une crise sanitaire et humanitaire souvent négligée se déroule à Gaza, touchant de manière disproportionnée les personnes âgées. Une enquête récente menée par HelpAge International et Amnesty International révèle des conditions de vie inhumaines, un accès limité aux soins de santé et une dégradation rapide du bien-être physique et mental de cette population vulnérable.

Selon les données du ministère palestinien de la Santé, plus de 4 800 personnes âgées ont été tuées à Gaza depuis le début des hostilités en octobre 2023. Ce chiffre ne tient pas compte des décès indirects résultant de la destruction des infrastructures de santé, ce qui suggère que le bilan réel pourrait être bien plus élevé. Les personnes âgées représentent environ 5 % de la population de Gaza, mais leur vulnérabilité accrue les place au cœur de cette crise humanitaire.

« Pendant les conflits armés, les besoins des personnes âgées sont souvent négligés », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice principale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes chez Amnesty International. « À Gaza, les personnes âgées subissent un effondrement physique et mental sans précédent, résultat direct de l’imposition délibérée par Israël de conditions de vie calculées pour entraîner la destruction physique des Palestiniens à Gaza. »

L’enquête de HelpAge International, portant sur 416 personnes âgées, met en lumière des réalités alarmantes. 76 % des personnes interrogées vivent dans des tentes surpeuplées, et 84 % estiment que leurs conditions de vie actuelles nuisent à leur santé et à leur vie privée. La pénurie de nourriture est omniprésente, avec 11 % des personnes âgées ayant déclaré n’avoir pas mangé au cours des dernières 24 heures et 48 % ayant réduit leurs propres portions pour que leurs familles puissent manger.

L’accès aux médicaments est également gravement compromis. 42 % des personnes âgées n’ont accès aux médicaments « parfois », et 18 % « rarement ». 68 % ont dû interrompre ou réduire leur traitement en raison du manque de disponibilité. L’accès aux soins de santé est également limité, avec seulement 17 % des personnes interrogées signalant une disponibilité complète des soins, et le traitement des maladies chroniques étant le service le plus souvent manquant (31 %).

Les témoignages recueillis par Amnesty International auprès de 12 personnes âgées déplacées dans des camps de personnes déplacées internes (PDI) de la région de Zawayda révèlent des conditions de vie désespérées. Samira Al-Shawa, 88 ans, qui utilisait auparavant un déambulateur pour se déplacer, est désormais incapable de marcher en raison du terrain sablonneux du camp. Sadiqa Al-Barrawi, âgée d’environ 90 ans, a été déplacée trois fois et a subi une blessure à la suite d’une chute dans un camp de PDI, la laissant incapable de se tenir debout.

Mohammed Bili, 61 ans, a été déplacé sept fois depuis octobre 2023 et a besoin de dialyse trois fois par semaine. Cependant, l’installation où il recevait auparavant des soins a été détruite, et il ne reçoit plus que deux séances de dialyse plus courtes par semaine. Il a perdu près de 20 kg.

Ces difficultés sont exacerbées par les restrictions imposées par Israël à l’entrée des aides humanitaires essentielles. En janvier 2025, Israël a suspendu l’enregistrement de 37 ONG opérant à Gaza et en Cisjordanie, leur ordonnant de cesser leurs activités dans les 60 jours. Cette mesure risque de paralyser davantage les efforts humanitaires et de priver les personnes âgées d’un soutien vital.

L’ONU a également exprimé ses préoccupations. Selon l’UNRWA, de nombreuses personnes âgées perdent le contact avec leurs aidants en raison des hostilités et des déplacements.

Amnesty International a conclu en décembre 2024 qu’Israël commet un génocide à Gaza, arguant qu’il a commis des actes interdits par la Convention sur le génocide avec l’intention spécifique de détruire les Palestiniens à Gaza. Malgré un cessez-le-feu en octobre 2025, les conditions de vie à Gaza restent désastreuses et il n’y a aucune indication que l’intention d’Israël de commettre un génocide ait changé.

Les organisations humanitaires appellent à la levée immédiate et inconditionnelle du blocus israélien et à l’autorisation de l’entrée sans entrave des fournitures essentielles, notamment les médicaments et les abris. La communauté internationale doit également redoubler d’efforts pour protéger les droits et répondre aux besoins des personnes âgées à Gaza, qui sont trop souvent invisibles dans cette crise humanitaire.

[Image de Mohammed Bili, 61 ans, luttant pour utiliser son fauteuil roulant dans le camp. Crédit : Amnesty International]

[Image de Sadiqa Al-Barrawi, âgée d’environ 90 ans, déplacée trois fois depuis octobre 2023. Crédit : Amnesty International]

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