Home InternationalAllemagne et Italie : refus de rejoindre le “Conseil de la Paix” de Trump sous sa forme actuelle.

Allemagne et Italie : refus de rejoindre le “Conseil de la Paix” de Trump sous sa forme actuelle.

Allemagne et Italie expriment des réserves sur l’initiative de paix de Trump à Gaza

ROME – L’Allemagne et l’Italie ont exprimé publiquement leurs doutes quant à la capacité de rejoindre l’initiative de paix proposée par l’ancien président américain Donald Trump pour Gaza, citant des préoccupations constitutionnelles et des inquiétudes concernant la concentration des pouvoirs. Les déclarations, faites lors d’une conférence de presse conjointe à Rome vendredi, soulignent les défis auxquels Trump est confronté pour obtenir un soutien international significatif à son plan.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’Allemagne était prête à explorer des formes de coopération avec les États-Unis pour parvenir à la paix, mais que la structure actuelle du “Conseil de la Paix” était inacceptable en raison de contraintes constitutionnelles allemandes. “Dans la forme où le conseil de paix est actuellement mis en place, nous ne pouvons pas accepter ses structures de gouvernance en Allemagne”, a-t-il affirmé.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a fait part d’une opposition similaire, révélant qu’elle avait demandé à Trump de modifier les termes du plan pour résoudre les problèmes constitutionnels qui empêchent l’Italie de participer. Selon la Constitution italienne, le pays ne peut adhérer à des organisations internationales qu’à des conditions d’égalité avec les autres États, une condition qui, selon Meloni, n’est pas remplie par le statut actuel du conseil, qui confère à Trump des pouvoirs exécutifs étendus.

L’initiative de Trump, lancée jeudi lors du Forum économique mondial de Davos, prévoit un conseil présidé à vie par l’ancien président. Les États membres seraient soumis à des mandats de trois ans, à moins qu’ils ne versent un milliard de dollars pour obtenir un siège permanent. Trump a affirmé que le conseil, une fois pleinement constitué, pourrait agir “presque comme il l’entend”, en collaboration avec les Nations unies.

Cependant, cette concentration de pouvoir a suscité des inquiétudes au sein de l’Union européenne. Un document interne de l’Agence européenne pour la politique étrangère, daté du 19 janvier et consulté par Reuters, exprime des “préoccupations quant à la concentration des pouvoirs entre les mains du président”. Le document souligne également que le nouveau conseil s’écarte considérablement du mandat initial autorisé par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre, qui se concentrait uniquement sur le conflit israélo-palestinien à Gaza.

“La disposition selon laquelle le choix d’un État membre concernant le niveau de sa participation doit être approuvé par le président constitue une ingérence excessive dans l’autonomie organisationnelle de chaque membre”, indique le document.

Plusieurs pays européens, dont la France et l’Espagne, ont déjà annoncé qu’ils ne rejoindraient pas le conseil. Trump a également annoncé qu’il retirait son invitation au Canada après que le Premier ministre Mark Carney a refusé de payer pour un siège permanent pour Ottawa.

L’initiative intervient dans un contexte de tensions internationales croissantes et de critiques concernant l’efficacité des efforts de paix traditionnels. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2803 en novembre, appelant à un cessez-le-feu humanitaire à Gaza, mais les efforts pour mettre en œuvre la résolution ont été entravés par des désaccords entre les grandes puissances.

L’Union européenne a réaffirmé sa volonté de travailler avec les États-Unis pour mettre en œuvre un plan de paix global pour Gaza, à condition que le Conseil de la Paix agisse en tant qu’administration de transition conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré que l’UE avait “de sérieuses doutes quant à un certain nombre d’éléments de la charte du Conseil de la Paix, liés à sa portée, à sa gouvernance et à sa compatibilité avec la Charte des Nations unies”.

[Image d’illustration : Donald Trump signant la charte fondatrice du “Conseil de la Paix” à Davos, avec d’autres dirigeants mondiaux. Source : Fabrice Coffrini/AFP]

[Image d’illustration : Scène de marché à Khan Younis, Gaza, illustrant le contexte humanitaire. Source : AP Photo/Abdel Kareem Hana]

La situation souligne la complexité des efforts de paix au Moyen-Orient et la nécessité d’une approche inclusive et respectueuse du droit international. L’avenir de l’initiative de Trump reste incertain, mais les réserves exprimées par l’Allemagne et l’Italie mettent en évidence les obstacles importants qu’elle devra surmonter pour obtenir un soutien international significatif.

Times of Israel staff a contribué à ce reportage.

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