Zac Posen : Enfance créative et ascension dans la mode

Zac Posen : L’héritage créatif d’une famille new-yorkaise

NEW YORK (AP) – Zac Posen, créateur de mode de renommée internationale, a baigné dans la créativité dès son plus jeune âge. Fils de Stephen et Susan Posen, et frère d’Alexandra Posen, il a grandi dans un loft manhattanite où l’art était une véritable religion, bien que parfois pratiquée en solitaire.

Stephen Posen, peintre abstrait, considérait son studio comme un espace sacré, inaccessible. Zac, sa mère et sa sœur Alexandra y accédaient par une entrée latérale, et pendant un temps, un message de fortune était affiché sur la porte : « Une porte ouverte n’est pas toujours une invitation à entrer. » Cette séparation, bien que parfois ressentie, a nourri l’imagination du jeune Posen.

L’influence paternelle s’est manifestée de manière inattendue. Stephen Posen expérimentait avec des textiles tendus sur des boîtes en carton, créant des formes tridimensionnelles sur de grandes toiles. C’est là que Zac Posen a découvert le drapé, une technique qui allait marquer son propre travail. Père et fils collectaient ensemble des chutes de tissu jetées par les usines de confection locales.

Dès l’âge de quatre ans, Zac Posen confectionnait des vêtements miniatures, utilisant du fil de fer et des bouchons de champagne comme base pour habiller une poupée She-Ra. Sa mère, dont la grand-mère était couturière, lui a appris à utiliser une machine à coudre à six ans. Sa sœur Alexandra se souvient qu’il créait constamment : croquis, couture, sculpture, utilisant tout ce qu’il trouvait à portée de main – papier d’aluminium, kippas, chutes de cuir, restes de tissu.

L’adolescence a vu Zac Posen affirmer son propre style, arborant des tenues excentriques, mêlant capes et culottes de cheval à des pantalons de marin. Son entrée au lycée St. Ann’s, une école privée de Brooklyn fréquentée par les enfants de personnalités créatives, a été marquante. Il s’est présenté le premier jour vêtu comme Charlie Chaplin, attirant immédiatement l’attention de Lola Schnabel, fille de l’artiste Julian Schnabel et de la créatrice Jacqueline Beaurang.

Schnabel l’a initié à un cercle d’influenceurs new-yorkais. L’éditrice de mode chez Vogue, Grace Coddington, était une voisine de la mère de Schnabel, et l’artiste René Ricard, figure emblématique de la Factory d’Andy Warhol, était un invité régulier à leurs dîners. Posen a commencé à fréquenter des boîtes de nuit, portant des tenues de plus en plus extravagantes, qu’il qualifiait de « bricolage vampirique-tribal-dandy-punk-romantique ».

Une visite au Metropolitan Museum of Art’s Costume Institute à l’âge de seize ans a été déterminante. Il y a rencontré Richard Martin, alors conservateur en chef, qui lui a offert un stage. C’est là qu’il a pu admirer de près une robe à découpes de Madeleine Vionnet, une expérience qui, selon ses propres mots, a « changé sa vie ».

En 1999, Zac Posen a été accepté à la prestigieuse Central Saint Martins fashion school à Londres. Son talent a été reconnu lors d’un défilé étudiant, où une de ses créations, une robe corset en cuir élaborée, a été sélectionnée pour intégrer la collection permanente du Victoria & Albert Museum.

Son véritable coup d’éclat est survenu grâce à une série de coïncidences et de relations sociales. Lola Schnabel, portant une robe cocktail qu’il avait créée, a attiré l’attention de Naomi Campbell, la supermodel, qui a immédiatement souhaité en acquérir une. De retour à New York pour les vacances, Posen a prêté une robe de style flamenco rose à une amie, Paz de la Huerta, pour une soirée chez Jemima Kirke. La robe a captivé la journaliste Daisy Garnett, qui l’a décrite dans un article du New York Times comme « la plus belle robe du monde ».

À ne pas manquer

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.