Le retour des pèlerins pakistanais a officiellement débuté ce samedi 30 mai 2026, avec l’arrivée d’un premier vol à l’aéroport international d’Islamabad. Alors que plus de 1,7 million de fidèles ont achevé le Hajj en Arabie saoudite, les autorités pakistanaises ont mobilisé une vaste opération logistique pour rapatrier environ 119 000 ressortissants d’ici le 30 juin.
Une opération de rapatriement massive sous haute surveillance
Le coup d’envoi de la phase retour a été marqué par l’atterrissage du vol PK-742 à 19h15 samedi, transportant 165 pèlerins à Islamabad, selon les informations communiquées par la Pakistan Airports Authority. Ce vol inaugural inaugure un calendrier complexe qui s’étendra sur tout le mois de juin. Le ministère des Affaires religieuses a finalisé les préparatifs pour assurer le retour fluide de 119 000 pèlerins ayant effectué leur voyage sous le régime gouvernemental.

L’ampleur de la logistique est considérable : au total, 471 vols sont programmés pour ramener les fidèles depuis Djeddah et Médine. À partir du 1er juin, le rythme s’accélérera avec 22 vols prévus pour cette seule journée, suivis de 23 vols le 2 juin. Le réseau de distribution est national, desservant Islamabad, Karachi, Lahore, Multan, Sialkot, Faisalabad et Quetta pour garantir une répartition efficace des arrivées à travers le pays. Les autorités aéroportuaires ont confirmé que les équipes au sol ont été renforcées dans ces sept terminaux pour gérer les procédures d’immigration et la récupération des bagages, afin de minimiser le temps d’attente pour les pèlerins souvent épuisés par les rites du Hajj.
Le contexte difficile du Hajj 2026
Le retour des fidèles intervient après une édition du Hajj marquée par des conditions météorologiques extrêmes. Comme l’a rapporté Geo News, les pèlerins ont dû faire face à une chaleur intense tout au long des rituels, notamment lors de la « stoning of the devil » à Mina le 28 mai.
Les autorités saoudiennes ont déployé des mesures de mitigation thermique renforcées cette année, tirant les leçons du pèlerinage de 2024, au cours duquel plus de 1 300 décès avaient été enregistrés alors que les températures avaient dépassé les 50°C. Le Croissant-Rouge saoudien a confirmé avoir fourni des services d’urgence à plus de 83 000 personnes depuis le début de la saison, soulignant la pression constante exercée sur les infrastructures de santé locales pour protéger les 1,7 million de participants venus de 165 pays. La gestion de cet afflux massif a nécessité une coordination intergouvernementale rigoureuse entre Riyad et Islamabad pour garantir que les pèlerins ayant des problèmes de santé puissent être pris en charge dès leur arrivée sur le sol pakistanais.
Logistique aéroportuaire et projet « Road to Makkah »
La gestion du flux de retour est une priorité pour les autorités aéroportuaires. À Islamabad, le directeur de l’aéroport, Aftab Gilani, a personnellement accueilli les premiers arrivants. Cette coordination s’inscrit dans la continuité des efforts déployés dès le départ des pèlerins, où des initiatives comme le projet « Road to Makkah » avaient permis une immigration simplifiée à l’aéroport de Karachi, facilitant ainsi le départ des citoyens.

L’opération de retour implique une collaboration étroite entre les compagnies aériennes nationales, les opérateurs privés et les transporteurs saoudiens. Le calendrier est strict : la phase de rapatriement doit impérativement s’achever le 30 juin avec l’arrivée du dernier vol à Lahore. Pour le gouvernement pakistanais, le succès de cette opération repose sur la ponctualité des 471 vols prévus, une tâche monumentale qui nécessite une synchronisation parfaite entre les autorités saoudiennes et les aéroports pakistanais pour éviter tout engorgement dans les terminaux d’arrivée.
Le ministère des Affaires religieuses a mis en place des cellules de crise dédiées au sein des aéroports pour traiter les questions relatives aux documents de voyage et aux besoins médicaux post-pèlerinage. Les responsables des opérations aéroportuaires soulignent que la priorité absolue reste la fluidité des corridors aériens, alors que le volume quotidien de passagers augmentera de manière exponentielle au cours des deux prochaines semaines. Cette logistique, supervisée par les agences de sécurité civile, vise à prévenir les goulots d’étranglement qui pourraient survenir lors des pics d’arrivée prévus à la mi-juin.
Alors que les milliers de pèlerins commencent à quitter La Mecque après le rituel du tawaf d’adieu, l’attention se tourne désormais vers le maintien de cette cadence logistique. Le défi pour les trente prochains jours sera de maintenir ce niveau de service tout en assurant la sécurité sanitaire des rapatriés, dans un contexte où la fatigue physique des pèlerins, après avoir affronté les températures extrêmes de la péninsule arabique, reste une préoccupation majeure pour les services médicaux aux frontières. Les équipes de santé aéroportuaires ont été placées en état d’alerte pour effectuer des contrôles sanitaires systématiques, une procédure standard renforcée pour cette édition du pèlerinage afin d’anticiper les complications liées à l’épuisement thermique et aux maladies respiratoires observées lors des rassemblements de grande envergure.
