L’enquête sur la disparition de l’étudiante universitaire Gülistan Doku, dont le sort reste inconnu depuis le 5 janvier 2020, a pris un tournant majeur avec la réception d’une lettre d’aveux. Umut Altaş, actuellement détenu dans une prison en Pennsylvanie aux États-Unis pour avoir prétendument occulté des preuves, a adressé un document intitulé itirafname
(acte de confession) au bureau du procureur de Tunceli, selon des informations rapportées par le journal Akşam et son correspondant à Washington, Yavuz Atalay.
Des accusations de meurtre et de complicité familiale
Dans sa correspondance, Umut Altaş affirme que Mustafa Türkay Sonel, fils de l’ancien gouverneur de Tunceli, Tuncay Sonel, lui a avoué avoir tué une jeune fille. Altaş cite les propos de Türkay Sonel : J’ai tué une fille, elle criait beaucoup, nous étions dans la voiture, je n’ai pas pu résister et je lui ai tiré une balle dans la tête.
Interrogé par Altaş sur le rôle de son père, Mustafa Türkay Sonel aurait répondu en riant : Non, il a déjà réglé ça, il a arrangé des choses. Concernant la localisation du corps, le fils du gouverneur aurait simplement déclaré : On l’a enterrée, pote, tout en précisant qu’il ne connaissait pas l’endroit exact de l’inhumation.
Chronologie des événements selon le témoin
Umut Altaş détaille dans sa lettre la séquence des événements survenus autour de la disparition de Gülistan Doku :
- 4 janvier 2020 : Vers 23h00, Türkay Sonel a conduit Altaş devant le bâtiment YURTKUR. Altaş rapporte avoir vu une jeune fille entrer précipitamment et avec crainte dans le bâtiment avant qu’ils ne quittent les lieux.
- 5 janvier 2020 : Le groupe s’est rendu au café Hanımeli vers 12h00, puis au garage du pavillon du gouverneur vers 13h00. Altaş indique qu’une radio de police était allumée dans le véhicule. Après une annonce radio, Türkay Sonel aurait réagi avec colère et se serait éloigné. À son retour, 15 à 20 minutes plus tard, Altaş décrit Sonel comme semblant sortir d’une guerre.
- Après l’événement : Altaş prétend avoir senti une forte odeur de cadavre et de sang provenant du coffre de la voiture de Mustafa Türkay Sonel.
Manipulation de preuves et réseau illégal
Le témoignage d’Altaş fait état de manœuvres visant à effacer des traces. Il affirme que Türkay Sonel lui a demandé de placer une arme portant un drapeau turc, trouvée sur le siège passager, dans la boîte à gants. Altaş admet avoir touché l’arme puis avoir effacé ses empreintes. De plus, il allègue avoir envoyé, sous la direction de Sonel, un message au policier de protection Şükrü Eroğlu demandant : As-tu réglé ça ?

État des procédures judiciaires
L’enquête a conduit à des arrestations massives et des mises en examen. Tuncay Sonel, son protecteur Şükrü Eroğlu et l’ancien policier Gökhan Ertok ont été placés en détention par le 1er tribunal pénal de paix d’Erzurum. Les chefs d’accusation incluent :

- Le pillage qualifié.
Plus récemment, une opération menée le 27 juillet dans 16 provinces a permis l’interpellation de 18 suspects. Parmi les personnes visées figurent un directeur de la sécurité, un chef de service de sécurité, un commissaire principal, un commissaire, un chef policier, 10 agents de police, un opérateur informatique et trois policiers retraités.
Umut Altaş a conclu sa lettre en demandant pardon pour ne pas s’être réfugié auprès de la justice turque plus tôt, comme le rapportent Birgun et kuzeyekspres.com.tr.
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