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York : des bébés momifiés au gypse réécrivent l’histoire romaine

by Camille Laurent - Santé

Le rituel funéraire romain insoupçonné : quand le gypse révélait l’importance des enfants

En tant que journaliste spécialisé dans l’archéologie et les cultures anciennes, je suis souvent confronté à des découvertes qui remettent en question nos certitudes. La récente étude menée à York, en Angleterre, sur les sépultures en gypse romaines, en est un parfait exemple. Loin d’être réservé à l’élite adulte, ce rituel funéraire complexe était également appliqué aux enfants, y compris des nourrissons de seulement un mois. Une révélation qui bouleverse notre compréhension des pratiques funéraires romaines et de la valeur accordée à la vie infantile.

Des pratiques funéraires complexes, même pour les plus jeunes

Les fouilles de York ont mis au jour plus de 70 sépultures en gypse, dont au moins sept contenaient des enfants. Ce rituel consistait à recouvrir le défunt d’une couche de gypse liquide, qui durcissait pour former une sorte de cocon protecteur. Cette technique, déjà connue pour les adultes, permettait de préserver des traces de vêtements et d’autres éléments funéraires. Mais la découverte de son application aux nourrissons est surprenante, surtout au regard des sources juridiques romaines de l’époque qui suggéraient que les bébés de moins d’un an ne méritaient pas de deuil public.

Un décalage entre les textes et la réalité

L’archéologue Maureen Carroll, de l’Université de York, souligne un point crucial : les textes juridiques romains ne reflétaient pas nécessairement les sentiments et les pratiques réelles. Si la loi pouvait minimiser l’importance du deuil pour les nourrissons, la réalité était sans doute plus nuancée. Les familles, malgré la mortalité infantile élevée (environ 30%), exprimaient leur chagrin et leur attachement à leurs enfants, même les plus jeunes. Les sépultures en gypse, coûteuses et laborieuses, en témoignent.

Des découvertes exceptionnelles : le cas du nouveau-né drapé d’or

Parmi les découvertes les plus marquantes, on peut citer celle d’un nouveau-né, âgé d’un à deux mois, enveloppé dans une cape de laine teinte en violet et ornée de fils d’or. Un témoignage éloquent de l’affection et du soin portés à cet enfant. L’analyse de cette cape pourrait révéler des informations précieuses sur les techniques de teinture et les matériaux utilisés à l’époque romaine. Un autre enfant, une fillette de 7 à 9 ans, a été retrouvée avec une panoplie de bijoux et de vêtements, suggérant un statut social élevé et un attachement profond de sa famille.

Le revêtement en gypse d’une sépulture d’enfant à York, montrant une teinture violet rosé et des fils d’or. (Crédit image : Seeing the Dead Project/Université de York et York Museums Trust)

Quelles perspectives pour l’avenir de la recherche ?

L’équipe du projet “Seeing the Dead” continue d’analyser les couches de gypse pour identifier d’éventuelles substances aromatiques (encens, mastic) ou des traces de colorants utilisés pour teindre les textiles. Ces analyses pourraient apporter de nouvelles informations sur les pratiques funéraires et les croyances religieuses de l’époque. L’étude des isotopes pourrait également permettre de déterminer l’origine géographique des matériaux utilisés, offrant ainsi un aperçu des réseaux commerciaux et des échanges culturels de la Rome antique.

FAQ : Vos questions sur les sépultures en gypse

  • Qu’est-ce que le gypse ? Une roche sédimentaire utilisée pour créer un revêtement protecteur autour du corps.
  • Pourquoi les enfants étaient-ils enterrés dans du gypse ? Malgré les textes juridiques, ils étaient valorisés et soignés, et leurs familles exprimaient leur deuil.
  • Où ont été découvertes ces sépultures ? Principalement à York, en Angleterre.
  • Qu’est-ce que le projet “Seeing the Dead” ? Une collaboration entre l’Université de York et le York Museums Trust, dédiée à l’étude des sépultures en gypse.

Ces découvertes à York nous rappellent que l’histoire est rarement linéaire et que les sources écrites ne sont qu’une partie du puzzle. L’archéologie, grâce à des techniques d’analyse de plus en plus sophistiquées, continue de nous surprendre et de nous offrir de nouvelles perspectives sur le passé. En tant que journaliste, je suis convaincu que ces recherches sont essentielles pour mieux comprendre nos origines et notre identité.

N’hésitez pas à partager vos réflexions et vos questions dans les commentaires ci-dessous. Et si cet article vous a intéressé, explorez nos autres publications sur l’archéologie et l’histoire ancienne !

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