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Yémen : Appel à la reprise des négociations politiques et libération des personnels de l’ONU

Yémen : Fragilité persistante et appel à une reprise des négociations politiques

Riyadh/New York – Le Yémen reste plongé dans une situation extrêmement précaire, marquée par des tensions régionales croissantes et des obstacles majeurs à l’aide humanitaire, a averti l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, lors d’une réunion du Conseil de sécurité. Alors que le pays tente de se relever d’une guerre civile dévastatrice qui dure depuis 2014, l’appel à une reprise des négociations politiques est plus urgent que jamais.

Depuis 2014, le Yémen est déchiré par un conflit opposant les forces gouvernementales, soutenues par une coalition menée par l’Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, également connus sous le nom d’Ansar Allah. Le gouvernement internationalement reconnu est basé à Aden, dans le sud du pays, tandis que les Houthis contrôlent la capitale Sanaa et de vastes zones du nord et de l’ouest. Récemment, des groupes séparatistes du sud ont également progressé sur le terrain, complexifiant davantage le paysage politique.

Grundberg, qui s’est entretenu avec le nouveau Premier ministre yéménite Shaya al-Zindani et les membres du Conseil présidentiel à Riyadh, a souligné des signes positifs dans les zones contrôlées par le gouvernement, notamment des améliorations dans l’approvisionnement en électricité et le paiement des salaires des fonctionnaires. Il a également salué la nomination de trois femmes ministres, un pas important vers une plus grande inclusion.

Cependant, ces avancées sont fragiles. « Les tensions persistantes, les récents incidents de sécurité et les manifestations, parfois violentes, soulignent la fragilité de la situation », a déclaré Grundberg. Il a exhorté le Conseil de sécurité à rester uni dans son soutien à un processus politique crédible et a appelé les acteurs régionaux à coordonner leurs efforts pour encourager les Yéménites à s’engager dans un dialogue constructif.

Le nouvel exécutif, selon l’envoyé spécial, a la capacité de consolider les progrès récents en renforçant les institutions et en mettant en œuvre des réformes économiques. Un dialogue prévu dans le sud du pays pourrait également permettre de répondre aux griefs de longue date et de parvenir à un consensus sur les questions importantes pour la région.

Mais Grundberg a insisté sur le fait que la stabilisation dans une partie du Yémen ne sera durable que si le conflit global est résolu de manière globale. « Il est temps de prendre des mesures décisives à cet égard », a-t-il déclaré. « Sans un accord politique négocié qui mette fin durablement au conflit, les acquis resteront vulnérables à un retour en arrière. »

L’ONU s’efforce de relancer un processus politique inclusif, en s’engageant avec les parties belligérantes, les acteurs régionaux et la communauté internationale. Les consultations menées par le bureau de Grundberg auprès d’un large éventail de Yéménites ont mis en évidence trois points clés : la nécessité de reconnaître les conséquences dévastatrices de plus d’une décennie de guerre, l’importance d’un processus politique inclusif sous l’égide de l’ONU et la nécessité de parvenir à des accords à court terme pour réduire les souffrances et démontrer des progrès concrets.

Parallèlement, la situation humanitaire au Yémen reste catastrophique. Lisa Doughten, directrice de la division du financement et des relations extérieures de l’OCHA (Bureau des affaires humanitaires des Nations unies), a mis en garde contre les interférences croissantes des Houthis dans les opérations humanitaires. Elle a rapporté que des bureaux de l’ONU à Sanaa ont été pris d’assaut fin janvier, avec confiscation d’équipements et de véhicules. Les restrictions imposées aux vols du Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS), notamment vers Marib, entravent également l’acheminement de l’aide.

Plus de 22,3 millions de personnes – la moitié de la population yéménite – ont besoin d’une assistance humanitaire en 2024, soit près de trois millions de personnes de plus qu’en 2023. Environ 18 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, faisant du Yémen la crise de la faim la plus grave de la région.

L’envoyé spécial a également réitéré son appel à la libération inconditionnelle des 73 membres du personnel de l’ONU, des représentants de la société civile et des missions diplomatiques détenus arbitrairement par les Houthis. Il a rappelé que l’année dernière, un membre du personnel du Programme alimentaire mondial (PAM) est décédé en détention sans qu’une enquête n’ait été menée.

La situation au Yémen exige une action urgente et coordonnée de la communauté internationale pour mettre fin au conflit, soulager la souffrance humanitaire et permettre au pays de se reconstruire. L’avenir du Yémen dépend de la volonté de toutes les parties prenantes de s’engager dans un dialogue constructif et de trouver une solution politique durable.

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