La Women’s Tennis Association (WTA) a imposé, le 21 juillet 2026, un test génétique obligatoire pour vérifier la présence du gène SRY afin de déterminer l’éligibilité biologique des joueuses.
Le monde du tennis professionnel bascule dans une ère de contrôle biologique strict. La ledauphine.com a officialisé une politique d’éligibilité où l’accès au circuit dépend désormais d’un dépistage unique du gène SRY. Ce processus, pris en charge financièrement par l’organisation, s’effectue via un prélèvement buccal, un échantillon de sang ou de salive.
Le verdict est binaire : si le test est négatif pour le gène SRY, l’athlète est autorisée à concourir. S’il est positif, la participation aux tournois de la WTA est interdite. Une seule exception subsiste pour les personnes présentant le gène SRY : celles souffrant d’un trouble du développement sexuel, tel que le syndrome d’insensibilité complète aux androgènes, à condition qu’elles n’aient jamais subi les effets physiologiques de la puberté masculine.
Le gène SRY et la controverse sur l’inclusion
Cette transition marque un abandon des critères basés uniquement sur le taux de testostérone. La WTA justifie ce virage par la nécessité de préserver l’intégrité du tennis professionnel féminin et de maintenir des conditions de compétition équitables, selon les informations de ledauphine.com.
La décision provoque des réactions opposées au sein du milieu sportif. Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a exprimé son désaccord, qualifiant cette politique d’intrusive pour les femmes et de recul en matière d’inclusion.
Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, a déclaré être secouée par cette politique, car elle ne correspond pas au socle de valeurs de la France.
À l’inverse, l’ancienne numéro une mondiale Martina Navratilova a soutenu l’initiative sur son compte X, rappelant que les athlètes féminines, elle y compris, passaient déjà des tests de vérification du sexe dans les années 70 et 80.
Les limites scientifiques du « gène du champion »
Alors que la WTA utilise la génétique pour exclure, d’autres secteurs tentent de s’en servir pour sélectionner. Cependant, la science tempère largement les espoirs de trouver un déterminant unique de la performance. Une analyse relayée par Infobae, basée sur une revue internationale de 25 ans publiée dans High Fitness, démontre que les variantes de l’ADN n’expliquent qu’une part minime du rendement athlétique.
L’étude a évalué 251 polimorfismes génétiques, mais seulement 128 ont respecté les critères de rigueur et de réplication. Même dans des domaines très spécifiques, la prédictibilité reste faible. Le rapport souligne que même les 12.111 polimorfismes associés à la hauteur expliquent à peine le 40% de la variabilité.
Marqueurs identifiés et leur portée réelle
La recherche a identifié plusieurs marqueurs liés à des capacités physiques, mais aucun ne garantit le succès. Le tableau suivant synthétise les principales variantes citées dans la revue scientifique Genes (Basel) et le rapport de High Fitness :
| Capacité physique | Gènes/Marqueurs associés | Rôle biologique |
|---|---|---|
| Explosivité / Puissance | ACTN3 (variante C) | Production de protéines pour les fibres musculaires à contraction rapide |
| Endurance / Métabolisme | AMPD1, PPARA, PPARGC1A | Utilisation efficace des graisses et métabolisme énergétique |
| Force maximale | AR (récepteur d’androgènes), PPARG | Régulation de la force musculaire |
| Transport du fer | HFE | Intervention dans le transport du fer |
L’analyse précise que posséder le génotype idéal ne suffit pas : certains athlètes d’élite ne possèdent pas le gène ACTN3, tandis que des individus porteurs de ce marqueur ne parviennent jamais au haut niveau.
Risques liés aux tests génétiques commerciaux
Face à l’attrait du gen del deportista
(gène du sportif), plusieurs entreprises proposent désormais des tests pour prédire le potentiel physique ou personnaliser les entraînements. Cette tendance est fermement critiquée par la communauté scientifique.

Selon une publication dans la revue Human Genomics, l’utilisation de la génomique actuelle pour planifier des entraînements est jugée prématurée et risquée. Les experts alertent sur le danger d’interprétations erronées qui pourraient décourager des athlètes ne possédant pas les marqueurs dits favorables
.
Le consensus scientifique actuel, porté par les publications dans Genes (Basel) et Human Genomics, insiste sur le fait que la préparation et l’environnement pèsent bien plus lourd que l’héritage biologique dans la formation d’un champion. L’idée d’un unique gen del campeón
(gène du champion) est désormais rejetée au profit de modèles complexes impliquant de multiples variantes et des facteurs externes.
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