Alerte Info : le phénomène Labubu, de marionnette “laide” à empire d’un milliard de dollars, réécrit les codes du “Made in China”
Pékin, Chine – Un petit monstre rebelle, né du crayon d’un artiste hongkongais, est en train de bouleverser le monde du jouet et de la mode.Labubu, créé par Wang Ning, est passé du statut de simple figurine de collection à celui de véritable symbole d’identité, propulsant l’entreprise Pop Mart à des sommets financiers inattendus.
L’histoire commence en 2015, lorsque Wang Ning, élevé à Amsterdam, donne vie à Labubu dans sa série “Les Monstres”, inspirée par la mythologie nordique. Ce personnage, décrit comme rebelle, féminin et chaotique mais au bon cœur, a d’abord trouvé un public de niche.
Le véritable tournant s’est produit en 2019 avec le partenariat avec Pop Mart et l’introduction du concept “Blind Box”. Ces boîtes mystérieuses, contenant des variantes de Labubu, dont certaines extrêmement rares, ont créé un engouement mondial. Des files d’attente interminables se sont formées devant les magasins de Pékin, Londres, Milan, New York et Séoul, rappelant la frénésie des Tamagotchi dans les années 90.
Mais c’est sur les réseaux sociaux qu’a explosé la popularité de Labubu. Instagram,TikTok et WeChat ont amplifié le phénomène,tandis que des stars internationales comme Dua Lipa ont adopté la figurine comme accessoire de mode.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, les actions de Pop Mart à Hong Kong ont triplé et les ventes ont atteint 1,8 milliard de dollars, dont 423 millions générés uniquement par Labubu.
Ce succès ne se limite pas à l’aspect commercial.Wang Ning a réussi à redéfinir l’image du “Made in China”, longtemps associée à la production de masse à bas coût. Labubu incarne une Chine qui a cessé de copier pour devenir un créateur de tendances, un symbole de créativité et d’innovation.
Un phénomène culturel durable ?
L’engouement pour les “Blind Boxes” et les figurines de collection n’est pas nouveau. Cependant, la capacité de Wang Ning à créer un personnage aussi attachant et à capitaliser sur la puissance des réseaux sociaux a permis à Labubu de se démarquer.
L’avenir de Labubu et de Pop Mart dépendra de leur capacité à maintenir l’intérêt du public,à innover et à s’adapter aux évolutions du marché. Mais une chose est sûre : ce petit monstre a déjà laissé une empreinte indélébile sur la culture contemporaine et a prouvé que le “Made in China” peut rimer avec créativité, originalité et succès mondial.
