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Villejuif : ces chercheurs primés pour une alternative naturelle aux fongicides chimiques des agriculteurs

by Nouvelles

Comment aider les agriculteurs à éviter de répandre des litres de fongicides chimiques sur leurs fruits et légumes tout en luttant contre les moisissures qui attaquent les récoltes? Les chercheurs du laboratoire LRPI de l’école d’ingénieurs en biotechnologies Sup’Biotech à Villejuif ont mis au point un produit antifongique naturel.

Leur découverte vient de remporter le prix francilien des 3e trophées de la bioéconomie, un concours organisé par la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Cette récompense les qualifie pour la finale nationale prévue d’ici la fin du mois.

Une alternative supplémentaire aux traitements chimiques

Le nom de leur projet ? La Coopération Végétale. « Nous valorisons les produits générés par les récoltes (feuilles, racines, épluchures, fanes de carotte, etc.) en exploitant leur immunité naturelle pour en faire des produits de bio-contrôle aux propriétés antifongiques qui lutteront contre les maladies des fruits et légumes, notamment les moisissures », résume Agnès Saint-Pol, enseignant-chercheur à Sup’Biotech — une école d’environ 1 000 étudiants — et responsable du laboratoire de recherche partenariale en ingénierie agroalimentaire.

Son principal avantage est d’éviter aux cultivateurs de recourir à des traitements antifongiques de synthèse, issus de l’industrie pétrochimique. Idéal pour les agriculteurs biologiques.

« Ils cherchent à se tourner vers des traitements plus naturels car la réglementation est en train de l’imposer et la demande des clients pour des aliments avec moins de pesticides augmente, ajoutent Patrick Gonzalez, enseignant-chercheur au laboratoire, et Valentina Gligorijevic, assistante ingénieur. Mais ils sont freinés dans leur démarche par le coût des produits de biocontrôle, par une efficacité moindre que les traitements chimiques de synthèse, une application assez lourde et une offre pas assez vaste. Notre projet leur apporte ainsi une alternative supplémentaire. »

Villejuif, le 30 mars. Ce projet Coopération Végétale se destine aux agriculteurs et, indirectement, aux consommateurs friands de produits contenant moins de pesticides. LP/M.L.

Il permet aussi de valoriser des coproduits de culture (feuilles, épluchures…) peu exploités jusqu’à présent. « Les agriculteurs les laissent dans les champs ou les transforment en compost, détaille Agnès Saint-Pol. Avec notre projet, ces coproduits, dont on irait extraire seulement la partie active, leur généreraient un revenu supplémentaire. »

L’équipe du laboratoire, qui a planché deux ans sur ce projet, espère que ce prix lui apportera de nouveaux contacts et une mise en lumière pour développer davantage son travail. Les trois lauréats nationaux remporteront chacun 10 000 euros, des actions de communication et un accompagnement par un opérateur bancaire.

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