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US Media : Panique autour des “Cellules dormantes” iraniennes et guerre en Iran

by Elodie Martin

La peur attisée : comment les médias américains amplifient le spectre d’agents iraniens infiltrés

Washington – Alors que l’opposition à la guerre avec l’Iran grandit, les médias américains semblent intensifier une rhétorique alarmiste axée sur la menace d’agents iraniens infiltrés sur le sol occidental. Cette stratégie, dénoncée par des experts comme un moyen de justifier un conflit, rappelle les tactiques employées lors des débuts de la « guerre contre le terrorisme ».

Le 11 mars 2026, Adam Johnson, du Real News Network, a souligné dans une analyse que ces reportages s’appuient souvent sur des sources anonymes, des responsables gouvernementaux actuels ou anciens, et des experts aux motivations potentiellement biaisées. Les allégations sont vagues, hyperboliques et difficiles à vérifier de manière indépendante.

« C’est rarement un acte d’agression au Moyen-Orient sans que les médias américains ne relaient sans cesse des histoires de ‘cellules dormantes’, basées sur une paranoïa vague, des suppositions de ‘chatter’, une confusion délibérée entre sunnites et chiites ‘terroristes’, et une confusion encore plus délibérée entre des personnes souffrant de troubles mentaux et des agents de l’État iranien », a écrit Johnson.

Ces reportages, qui se multiplient dans les médias nationaux et locaux, présentent souvent des cas d’individus arrêtés à la suite d’opérations de piégeage du FBI. Selon un rapport de 2014 de Trevor Aaronson et Margot Williams, la majorité des condamnations pour terrorisme aux États-Unis ne concernent pas de véritables organisations terroristes, mais des personnes ayant « fourni un soutien matériel » à des agents du FBI infiltrés. Human Rights Watch a également constaté une tendance similaire dans une étude de 214 pages, révélant que près de 50 % des plus de 500 condamnations fédérales pour terrorisme étaient basées sur des informations provenant d’informateurs, dont près de 30 % impliquaient des opérations de piégeage.

L’incident survenu le 2 mars à Austin, au Texas, où un tireur portait un t-shirt avec le drapeau iranien sous ses vêtements, a été rapidement instrumentalisé par certains médias comme preuve de cette menace imminente. Cependant, même le New York Post, un média de droite, a noté que le tireur était une personne localement connue souffrant de troubles émotionnels, et qu’il n’y avait aucune indication qu’il agissait sur ordre de l’Iran.

La rhétorique des « cellules dormantes » est particulièrement problématique, car elle alimente la peur et encourage potentiellement la discrimination envers les communautés iraniennes et musulmanes. Les reportages soulignent souvent que ces agents seraient « intégrés » à la société, vivant parmi nous depuis des années, ce qui suscite l’inquiétude et la méfiance.

Le New York Times a également contribué à cette narration, affirmant que l’Iran pourrait activer des cellules dormantes d’Al-Qaïda en Europe. Cette affirmation est d’autant plus surprenante que l’Iran est un pays à majorité chiite, tandis qu’Al-Qaïda est une organisation sunnite wahhabite qui considère les chiites comme des hérétiques. Le New York Times s’est contenté de citer une photographie de Saif al-Adel, le chef de facto d’Al-Qaïda, en Iran comme preuve de cette collaboration, sans fournir d’explication quant à la signification de cette image.

Cette amplification de la peur s’inscrit dans un contexte politique plus large, alors que l’administration Trump cherche à obtenir un soutien pour sa politique à l’égard de l’Iran et à faire pression sur les démocrates pour qu’ils abandonnent les réformes de la sécurité intérieure. Des responsables de l’administration Trump ont fait des apparitions médiatiques pour lier la menace des cellules dormantes au manque de financement du Département de la sécurité intérieure.

L’article original de Johnson, publié sur The Real News Network, souligne que cette stratégie de peur n’est pas nouvelle. Des alertes similaires concernant des « agents dormants » ont été diffusées pendant plus de 25 ans, souvent en s’appuyant sur des opérations de piégeage du FBI et des affirmations non vérifiées. La question demeure : quel est l’intérêt réel de ces reportages, au-delà de la simple instillation de la peur et de la promotion de la surveillance accrue ?

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