Un panel d’experts recommande l’arrêt des GLP-1 RA avant une grossesse prévue

Un premier consensus international publié fin septembre 2026 et présenté à Milan établit des recommandations pour l’utilisation des agonistes des récepteurs du GLP-1 chez les femmes diabétiques en âge de procréer, tout en soulignant d’importantes lacunes dans les données de sécurité pour la grossesse et l’allaitement.

L’utilisation des agonistes des récepteurs du GLP-1 (GLP-1 RA) connaît une croissance mondiale marquée chez les femmes en âge de procréer, en particulier celles atteintes de diabète. Face à l’incertitude clinique entourant ces traitements, un panel international d’experts a publié le premier consensus de ce type pour guider la prise en charge clinique dans des zones d’incertitude extrême, selon les déclarations de l’équipe de recherche.

Les recommandations du panel et les cibles préconisées

Le rapport intègre les travaux d’un panel de 33 spécialistes internationaux en obstétrique et diabétologie, ainsi que les contributions de 60 femmes ayant une expérience vécue du diabète. Les recommandations soutiennent l’usage de ces molécules pour l’optimisation métabolique préconceptionnelle, notamment chez les patientes souffrant de diabète de type 2. Le panel insiste toutefois sur la nécessité d’interrompre les traitements dès qu’une grossesse est planifiée ou confirmée.

Un panel d'experts recommande l'arrêt des GLP-1 RA avant une grossesse prévue
Photo : sciencedirect.com
  • Une utilisation des traitements pendant environ 12 à 18 mois avant la conception pour maximiser les bénéfices métaboliques.

Résultats de la méta-analyse et données de sécurité

Pour évaluer les risques, les chercheurs ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse en examinant les données de plus de 40 000 femmes. Les auteurs ont évalué le niveau de certitude global des preuves comme faible en raison de diverses limites méthodologiques.

Malgré ces limites, la méta-analyse apporte des données rassurantes concernant le premier trimestre. L’arrêt des traitements dans les premiers mois de la grossesse ne montre pas d’augmentation du risque d’anomalies congénitales par rapport à une absence d’exposition, d’après quatre études portant sur un total de 42 144 femmes exposées. Les travaux suggèrent également une absence d’association significative entre l’exposition aux GLP-1 RA et les risques de naissance prématurée, de mort fœtale in utero, de décès néonatal, de césarienne, de troubles hypertensifs de la grossesse ou d’enfants nés de faible poids pour l’âge gestationnel.

Nouvelles recommandations concernant l'utilisation du GLP-1 pendant la grossesse

Spécificités selon les types de diabète et la période post-partum

Les profils cliniques diffèrent selon la pathologie initiale de la patiente. Pour les femmes atteintes de diabète de type 1, le panel note qu’il existe quasiment aucune donnée probante dans cette population, de sorte que l’initiation du traitement ne doit être envisagée que si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques. Une adaptation rigoureuse de l'insuline est requise pour éviter les épisodes d'hypoglycémie liés à l'amélioration de la sensibilité à l'insuline.

Concernant le diabète gestationnel, le consensus recommande d’envisager l’utilisation des agonistes du GLP-1 pendant au moins 12 mois après l’accouchement et avant une nouvelle grossesse, afin d’obtenir une perte de poids rapide et durable. Cette démarche vise à réduire le risque futur de développer un diabète de type 2 et à prévenir la récurrence du diabète gestationnel.

Dans la période post-partum et l’allaitement, les données pharmacocinétiques indiquent que les traitements administrés par voie sous-cutanée sont indétectables ou présents à des concentrations négligeables dans le lait maternel. Néanmoins, les données cliniques de sécurité pour les nourrissons restent insuffisantes. Les experts concluent ainsi qu’il n’y a pas assez de données sur la sécurité pour soutenir un quelconque usage des GLP-1 RA pendant l’allaitement. Pour les patientes qui choisissent d’y avoir recours ou qui présentent des niveaux inacceptables d’hyperglycémie ou de prise de poids sous insuline, le panel conseille d’utiliser la dose efficace la plus faible.

Perspectives de recherche et besoins d’investissement

L’ensemble de ces travaux a été présenté fin septembre 2026 lors de la réunion annuelle de l’Association européenne pour l’étude du diabète à Milan et publié dans la revue The Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health. Les auteurs soulignent que les données manquent cruellement pour les deuxième et troisième trimestres, ainsi que pour le suivi à long terme des mères et de leurs enfants.

Pour combler ces lacunes, le premier auteur Claire L. Meek a plaidé pour un effort financier accru des laboratoires pharmaceutiques, appelant à davantage d’investissements dans la recherche sur la santé des femmes pour atteindre l’échelle du marché estimé à 70 milliards de dollars que détient l’industrie avec ces molécules.

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