En 2024, les capteurs de glucose en continu sont arrivés sur le marché en vente libre pour le grand public. Une étude publiée dans JAMA Internal Medicine, menée par des chercheurs de Yale dont Kasia Lipska, analyse l’utilité de ces dispositifs pour les personnes autres que celles atteintes de diabète de type 1.
À qui s’adressent réellement les capteurs de glucose en continu d’après la recherche ?
Initialement prescrits pour les patients atteints de diabète de type 1 et de type 2 afin de suivre la glycémie et d’ajuster les doses d’insuline, ces dispositifs attirent désormais un public plus large, incluant des personnes souffrant de prédiabète, d’obésité ou simplement des individus soucieux de leur bien-être. L’équipe de recherche de Yale a voulu savoir si ces outils étaient réellement utiles au-delà des cas de diabète avérés.
“Il y a eu un intérêt accru pour la surveillance des biophysiques, y compris les niveaux de glucose.”
Kasia Lipska, professeure associée de médecine (endocrinologie et métabolisme) à Yale, via Yale
Les chercheurs ont examiné des analyses regroupant des essais randomisés publiés au cours des 15 dernières années. L’objectif était de déterminer si l’accès direct aux données de glycémie améliorait le contrôle glycémique et les résultats rapportés par les utilisateurs souffrant de diabète de type 2, de prédiabète ou d’obésité.

Quels sont les bénéfices mesurés pour les patients atteints de diabète de type 2 ?
Les utilisateurs de ces dispositifs ont constaté une amélioration modeste de leur taux d’hémoglobine A1c, qui reflète la moyenne du glucose dans le sang sur plusieurs mois. Justin Dower, chercheur et premier auteur de l’étude, souligne la constance de cet impact positif, tandis que ces outils offrent par ailleurs une vision précise des variations de glycémie pour repérer les épisodes d’hypoglycémie.
“J’ai été impressionné par la constance de l’impact positif sur les niveaux d’hémoglobine A1c pour les personnes atteintes de diabète de type 2.”
Justin Dower, chercheur clinicien en endocrinologie et métabolisme et premier auteur de l’article, via Yale
De plus, reliés à une clinique, ces capteurs facilitent les suivis médicaux virtuels. Ils constituent de puissants outils de rétroaction pour observer l’effet direct de l’alimentation, des médicaments ou de l’exercice physique sur la glycémie.
Quelles sont les conditions d’accès et les recommandations d’utilisation en pratique ?
Depuis 2022 au Royaume-Uni, l’éligibilité aux capteurs s’est ouverte, permettant aux examens du diabète d’être entièrement dispensés en soins primaires. Le matériel mesure le glucose dans le liquide interstitiel, éliminant dans de nombreux cas le besoin de tests par piqûre au bout du doigt.
Les directives médicales encadrent l’accès pour les adultes et les enfants atteints de diabète de type 1, ainsi que pour les adultes et les jeunes ayant un diabète de type 2 traités par des injections multiples d’insuline ou nécessitant une assistance pour surveiller leur glycémie.
Les dispositifs les plus courants en soins primaires comprennent le FreeStyle Libre 2 Plus et le Dexcom ONE+.
Néanmoins, l’utilisation de ces capteurs comporte des contraintes soulignées par les cliniciens, telles que la surcharge de données pour certains utilisateurs, le décalage entre le glucose interstitiel et sanguin lors de variations rapides, ou encore les irritations cutanées et les fausses alarmes nocturnes dues à la pression sur le capteur pendant le sommeil.
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