Banco Central de Cuba impose une tolérance zéro face aux irrégularités bancaires

Le Banco Central de Cuba a ordonné le 28 septembre 2026 une politique de tolérance zéro et un mémorandum de conformité obligatoire après des arrestations de banquiers impliqués dans un réseau de change illégal à Santiago de Cuba, sur fond de grave crise de liquidités et de pénurie d’espèces.

Signé par la présidente de l’organisme, Juana Lilia Delgado Portal, le document fixe des obligations strictes pour l’ensemble du système tout en réagissant indirectement à des opérations frauduleuses détectées dans les provinces. Cette directive intervient au moment où le système financier fait face à des tensions opérationnelles majeures et à une demande d’espèces que les guichets traditionnels peinent à satisfaire.

Les arrestations à Santiago de Cuba et le système de commissions illicites

L’intervention du régulateur national fait suite à une opération policière menée à Santiago de Cuba, touchant notamment la sucursal 8312 du Banco Popular de Ahorro et la sucursal 8391 de BANDEC, située calle Santo Tomás, entre Aguilera et Heredia, selon directoriocubano.info. Des employés de la suursale du Banco Popular de Ahorro et du Banco de Crédito y Comercio ont été appréhendés pour avoir orchestré un système de change clandestin. Les agents sur place ont mis la main sur de l’argent liquide, des machines à compter les billets, des cartes magnétiques ainsi que des carnets de comptabilité retraçant les opérations.

Banco Central de Cuba impose une tolérance zéro face aux irrégularités bancaires
Photo : Periódico Cubano

Le stratagème reposait sur la collaboration entre des employés d’État et des travailleurs indépendants. Les intermédiaires utilisaient les documents d’identité et les supports magnétiques de clients pour transformer des virements électroniques en liquidités physiques, prélevant au passage des commissions oscillant entre 30 % et 50 %. Ce marché parallèle s’est développé pour répondre aux besoins d’une population confrontée à l’impossibilité de retirer librement ses avoirs.

Le mémorandum de tolérance zéro signé par Juana Lilia Delgado Portal

Bien que le texte officiel ne nomme aucune institution spécifique et ne mentionne pas explicitement les descentes policières de Santiago de Cuba, il exige une rigueur absolue de la part de tous les établissements. Le document impose une révision en profondeur des contrôles et un traitement immédiat des signalements.

Comparecencia especial de la ministra-presidenta del Banco Central de Cuba

Il n’y aura aucune place pour la complicité, la dissimulation ou l’impunité. »

Le texte insiste par ailleurs sur la nécessité de préserver la réputation des professionnels intègres du secteur. La direction affirme que les agissements frauduleux observés ne reflètent en rien la mission générale des employés de banque.

Juana Lilia Delgado Portal a affirmé selon Cibercuba que « ces comportements ne caractérisent pas les banquiers cubains. Notre secteur se distingue par l’honnêteté, la discipline, le service public, la transparence et le respect de la légalité. »

Banco Central de Cuba impose une tolérance zéro face aux irrégularités bancaires
Photo : Directorio Cubano

Les directives de contrôle et la protection des dénonciateurs

Le mémorandum ordonne aux structures bancaires d’appliquer six mesures contraignantes pour nettoyer les circuits internes. Les consignes exigent d’enquêter sans délai sur les indices d’irrégularités, d’établir les sanctions administratives, professionnelles et pénales, et de renforcer les mécanismes d’audit. L’institution demande en outre d’intensifier la collaboration avec les organes de l’État chargés de réprimer les illégalités.

Pour encourager la participation citoyenne, le texte garantit la confidentialité et la protection des informateurs contre d’éventuelles représailles.

Banco Central de Cuba impose une tolérance zéro face aux irrégularités bancaires
Photo : Asere Noticias

La crise de liquidités et le contexte économique invoqué par le régulateur

La prolifération des réseaux informels de conversion de fonds trouve sa racine dans la pénurie chronique de billets de banque et la difficulté d’accéder aux guichets automatiques.

Le Banco Central de Cuba a évoqué selon Cubaheadlines « la crise économique et le durcissement du blocus ».

Malgré l’annonce simultanée de vingt modifications structurelles du système bancaire prévoyant l’ouverture aux capitaux privés et étrangers, l’extension des crédits à la consommation et la numérisation des services, le défi immédiat des autorités demeure la restauration de la confiance des usagers. Les citoyens continuent de dépendre de circuits informels coûteux pour subvenir à leurs besoins quotidiens en espèces.

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