Un nouveau genre de dinosaure découvert au Surrey nommé en hommage à un père de famille

Découvert en 2001 dans une briqueterie du Surrey, un fossé vieux de 125 millions d’années a permis d’identifier un nouveau genre et une nouvelle espèce de dinosaure baptisé Paludohadros proudlovii. Ce grand herbivore des zones humides a été nommé en hommage à Will Proudlove, ancien directeur de site disparu prématurément.

La découverte d’un herbivore dans le Surrey

L’histoire de ce fossé remonte à plus de 25 ans. Un spécimen exceptionnel sort des couches argileuses de l’Ewhurst brick and roof tile works, un site d’exploitation de briques et de tuiles situé à Ewhurst, dans le Surrey.

Le spécimen a rapidement été confié aux équipes du Natural History Museum de Londres. Il a fallu attendre une vaste réévaluation scientifique menée ces dernières années pour comprendre sa véritable nature.

L’animal appartient au groupe des iguanodontiens, des dinosaures herbivores connus pour leurs épouses caractéristiques sur les pouces. Durant le Crétacé inférieur, il y a environ 125 millions d’années, le sud de l’Angleterre offrait un paysage de marécages et de zones humides. Ce milieu a directement inspiré le nom du genre, puisque le terme latin palus signifie marais.

Un hommage familial au directeur disparu

Le nom de l’espèce, proudlovii, perpétue le souvenir de Will Proudlove. Il était un ancien employé des carrières d’Ewhurst qui avait gravi les échelons jusqu’à devenir directeur de l’exploitation. Décédé à l’âge de 35 ans peu avant la découverte des ossements en 2001, il laisse derrière lui sa femme Rachael et leurs enfants Ellie et Matt.

Un nouveau genre de dinosaure découvert au Surrey nommé en hommage à un père de famille
Photo : Aawsat

Rachael Proudlove a déclaré : « Will a toujours eu un intérêt pour les fossiles de dinosaures et était fasciné par ce qui pouvait être découvert, le cas échéant, chaque fois qu’une couche d’argile était retirée de la carrière. Malheureusement, ce dinosaure n’a été découvert que l’année suivant sa mort, mais son histoire fait partie de nos vies depuis lors », selon le Natural History Museum.

Sa veuve a confié à la BBC que son mari vouait une véritable passion aux vestiges découverts au fil des extractions d’argile.

Pour la famille, voir un taxon entier porter son nom constitue un hommage durable. Selon les estimations du Natural History Museum, le dinosaure mesurait environ cinq mètres de long pour un poids compris entre 1,5 et 2 tonnes, des mensurations comparables à celles d’un rhinocéros adulte. Les analyses osseuses indiquent toutefois que le spécimen découvert était encore un juvénile.

Britain dinosaur named after plant manag
Photo : UA.NEWS

La cohabitation avec les prédateurs du Crétacé

Dans ce paysage marécageux du Crétacé inférieur, le Paludohadros côtoyait d’autres espèces emblématiques de la région. Le redoutable carnivore bipède Baryonyx walkeri figurait parmi elles.

Mis au jour dans la même exploitation d’Ewhurst en 1983, ce théropode piscivore nourrit des hypothèses sur la chaîne alimentaire locale. Des recherches menées par l’institution londonienne rappellent que le dernier repas d’un Baryonyx retrouvé sur place contenait précisément les restes d’un jeune iguanodontien. Les paléontologues n’excluent pas que le redoutable prédateur ait pu charogner ou chasser activement ces herbivores.

Le réexamen des collections du musée de Londres

L’identification de cette nouvelle espèce s’inscrit dans un mouvement plus large de réexamen des fossiles d’iguanodontiens conservés par le Natural History Museum. Longtemps, les spécimens découverts dans le sud de l’Angleterre ont été systématiquement rattachés soit au genre Iguanodon, soit à son proche parent le Mantellisaurus.

Une description détaillée du Mantellisaurus a été publiée en 2023 par des chercheurs du musée. Elle a permis de fixer de nouveaux critères anatomiques distinctifs.

Cette mise à jour taxonomique a libéré la voie à la description de plusieurs nouveaux genres au cours des dernières années. Le Brighstoneus, le Comptonatus, l’Istiorachis et désormais le Paludohadros figurent parmi eux.

Ce travail de titan se poursuit dans les réserves britanniques. D’autres spécimens attribuables au Paludohadros ont été collectés dès les années 1950.

Ils ont déjà été repérés par les équipes scientifiques. Cela ouvre la perspective d’identifier de nouvelles espèces méconnues dans les décennies à venir.

À ne pas manquer