Tensions énergétiques et frappes : L’Ukraine face à de nouveaux défis à l’approche de l’anniversaire de l’invasion russe
KYIV, Ukraine – À l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le pays se retrouve confronté à une escalade des tensions sur plusieurs fronts, allant de pressions énergétiques exercées par des voisins européens à des frappes aériennes meurtrières et à des appels à une intervention militaire plus directe.
L’Ukraine a fermement condamné ce samedi les « ultimatums et chantages » de la Hongrie et de la Slovaquie, qui menacent de suspendre les livraisons d’électricité à Kyiv à moins que l’Ukraine ne reprenne les flux de pétrole russe. La Hongrie a également menacé de bloquer un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine en guerre. Ces pressions interviennent après l’interruption des livraisons de pétrole russe à ces deux pays, le 27 janvier, suite à une frappe de drone russe sur des infrastructures pétrolières ukrainiennes. Kyiv accuse Budapest et Bratislava de retarder intentionnellement la reprise des flux, sans apporter de preuves.
« Les ultimatums doivent être adressés au Kremlin, et certainement pas à Kyiv », a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué. Cette dispute souligne les divergences au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, où certains dirigeants, comme le Premier ministre slovaque Robert Fico, ont cultivé des liens avec Moscou, critiquant même le président Zelenskyy pour une attitude jugée « malveillante ».
Lviv frappée, un policier tué
La situation sécuritaire sur le terrain reste préoccupante. Une explosion dans la ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, a coûté la vie à une policière et blessé au moins 15 personnes dans la nuit de samedi à dimanche. Le maire de Lviv, Andriy Sadovy, a qualifié l’incident d’« acte de terror ». Les explosions se sont produites alors que les forces de l’ordre intervenaient suite à un cambriolage.
Frappes ukrainiennes en Russie et appels à une intervention militaire
L’Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe. Une attaque contre une usine de missiles à Votkinsk, dans la République d’Oudmourtie, a blessé 11 personnes, selon les autorités russes. L’Ukraine a confirmé avoir utilisé des missiles de croisière FP-5 « Flamingo » de fabrication nationale. Parallèlement, une frappe sur une usine gazière à Samara a également été signalée.
Dans un contexte d’escalade, l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé le Royaume-Uni et ses alliés européens à déployer des troupes non combattantes en Ukraine pour démontrer leur engagement envers la souveraineté du pays. Il a suggéré que ces troupes pourraient être déployées dans des régions pacifiques, sans participer aux combats.
Soutien international et espoirs de négociations
Malgré les difficultés, l’Ukraine continue de bénéficier d’un soutien international. Environ 2 000 personnes ont participé à une marche de soutien à l’Ukraine à Paris ce samedi, scandant des slogans appelant à la confiscation des avoirs russes gelés et à la fin de l’invasion. Raphaël Glucksmann, membre du Parlement européen, a souligné le maintien d’un « soutien massif » à l’Ukraine en France, tout en exprimant son inquiétude face à l’émergence de voix « de capitulation » au sein de la classe politique française.
Le président Zelenskyy a quant à lui réaffirmé son ouverture à des négociations, estimant que des « opportunités réelles d’achever la guerre avec dignité » existent encore. Il a appelé à une nouvelle session de pourparlers « très bientôt, dès février », et a exprimé son souhait d’organiser une rencontre au sommet avec Donald Trump et Vladimir Poutine.
L’évolution de la situation en Ukraine reste critique, alors que le pays se prépare à marquer un tournant douloureux dans son histoire. La pression diplomatique, les tensions énergétiques et les affrontements militaires continuent de façonner un paysage complexe et incertain.
