Home InternationalUkraine et Moldavie franchissent un tournant majeur dans les négociations d’adhésion à l’UE

Ukraine et Moldavie franchissent un tournant majeur dans les négociations d’adhésion à l’UE

L'accord historique qui a débloqué le processus

L’Ukraine et la Moldavie ont entamé, ce lundi 15 juin 2026 à Luxembourg, le volet substantiel de leurs négociations d’adhésion à l’Union européenne. L’ouverture de ce premier chapitre, attendue depuis deux ans, marque un tournant majeur pour l’intégration de ces deux nations dans le bloc européen.

L’accord historique qui a débloqué le processus

L'accord historique qui a débloqué le processus
Photo: Delo.si
Le chemin vers Bruxelles, qui semblait obstrué par des impasses politiques, vient de franchir une étape décisive. [L’ouverture du premier volet de négociations](https://siol.net/novice/svet/v-ospredju-zasedanja-zunanjih-ministrov-eu-bliznji-vzhod-694172) intervient après une période de stagnation de deux ans, principalement causée par l’opposition de la Hongrie. Sous la direction de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán, Budapest utilisait son droit de veto pour bloquer toute avancée du processus d’intégration. Ce verrouillage a sauté suite aux élections d’avril, marquées par la victoire de Péter Magyar. Ce dernier a rapidement amorcé un changement de cap en concluant ce que les sources qualifient d’« accord historique » avec Kiev. Cet accord porte spécifiquement sur la protection des droits de la minorité ethnique hongroise en Ukraine. En garantissant un cadre unifié pour les droits de toutes les minorités dans le pays, la nouvelle administration hongroise a levé les réserves qui paralysaient le consensus des 27 États membres.

Les piliers du premier volet de négociations

La conférence intergouvernementale de Luxembourg a permis d’ouvrir le premier des six domaines de négociations. Ce bloc initial est considéré comme le plus critique, car il définit les fondations sur lesquelles repose l’adhésion. Il englobe les domaines suivants :
  • L’État de droit et les droits fondamentaux
  • Le fonctionnement des institutions démocratiques
  • La réforme de l’administration publique
  • Les critères économiques de convergence
Pour la commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, ce lundi est un « mega lundi ». Selon [le processus d’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie](https://www.rtvslo.si/evropska-unija/po-dveh-letih-cakanja-ukrajina-in-moldavija-zaceli-vsebinski-del-pogajanj-z-eu/785473), ces réformes ne servent pas uniquement à remplir des cases administratives ; elles visent à bâtir une confiance mutuelle entre les candidats et les États membres. L’objectif est de permettre l’intégration de ces pays dans le marché unique européen et dans d’autres structures communes avant même leur adhésion pleine et entière.

« C’est pour nous un moment où les négociations d’adhésion passent vers une clôture réussie des chapitres. »

Les piliers du premier volet de négociations
Photo: Portal GOV.SI
Taras Kačka, vice-premier ministre ukrainien, via RTVSLO

La fin du droit de veto pour les nouveaux membres ?

L’un des aspects les plus marquants de cette nouvelle phase concerne la structure même du pouvoir décisionnel au sein de l’Union. Face aux abus passés du droit de veto, qui ont parfois servi à des fins de chantage politique, Bruxelles prépare une mutation profonde de ses règles de fonctionnement. Marta Kos a confirmé une tendance de fond : les futurs États membres pourraient se voir refuser le droit de veto pendant une période de 15 ans après leur adhésion. Cette mesure, soutenue par des pays comme la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, vise à protéger la capacité de l’Union à agir efficacement sur des questions budgétaires, de politique étrangère ou de sécurité nationale.

« Ce sera une nouvelle génération de traités d’adhésion dans le sens où nous aurons de nouvelles garanties. »

La fin du droit de veto pour les nouveaux membres ?
Photo: Svet24.si
Marta Kos, commissaire européenne à l’élargissement, via Svet24 Cette réforme ne signifie pas un statut de membre de seconde zone. Il s’agit d’un mécanisme de transition pour s’assurer que les nouveaux arrivants respectent les normes européennes sur le long terme. [La restriction du droit de veto pour les nouveaux membres](https://svet24.si/novice/tujina/marta-kos-pravica-do-veta-1906445) est ainsi présentée comme un outil de stabilité plutôt que comme une sanction.

L’élan diplomatique de Luxembourg

La scène diplomatique de Luxembourg a également mis en lumière la solidarité européenne face aux agressions extérieures. Le ministre slovène des Affaires étrangères, Tone Kajzer, a profité de l’occasion pour réaffirmer le soutien de son pays à l’élargissement, non seulement vers les Balkans occidentaux, mais aussi vers l’Ukraine et la Moldavie.

« Nous saluons l’ouverture des premiers chapitres de négociation avec l’Ukraine et la Moldavie. »

L'élan diplomatique de Luxembourg
Photo: rtvslo.si
Tone Kajzer, ministre slovène des Affaires étrangères, via GOV.SI Kajzer a insisté sur le fait que ce progrès est un « signal fort de l’unité de l’UE ». Parallèlement aux négociations d’adhésion, le ministre a abordé la nécessité de maintenir la pression sur la Russie, plaidant pour l’adoption rapide d’un 21e paquet de sanctions et pour une réponse ferme aux attaques contre les sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’ambition affichée par les responsables européens est de maintenir ce rythme soutenu. Marta Kos et Taras Kačka ont tous deux exprimé l’espoir que les cinq autres volets de négociations puissent être ouverts avant la pause estivale. Si cet objectif est atteint, l’Ukraine et la Moldavie pourraient transformer ce “mega lundi” en une accélération sans précédent de leur intégration européenne.

Find more reporting in our International section.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.