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Trump-Xi : sommet en suspens à cause de l’Iran

Trump envisage de reporter sa visite à Pékin sur fond de tensions liées à l’Iran et de hausse des prix du pétrole

PÉKIN – Le président américain Donald Trump a semé le doute sur sa prochaine visite à Pékin, prévue dans deux semaines, en évoquant la possibilité de la reporter en raison de la situation en Iran et de ses répercussions sur les marchés mondiaux. Cette annonce intervient alors que les États-Unis cherchent à isoler Téhéran et à assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transport du pétrole.

Dans une interview accordée au Financial Times, Trump a déclaré qu’il « pourrait retarder » son voyage, suscitant l’inquiétude en Chine qui attendait cette visite depuis l’invitation de Xi Jinping lors de leur rencontre à Busan, en Corée du Sud, en octobre dernier. Des sources proches de la situation indiquent que Pékin s’attendait jusqu’à récemment au maintien du voyage.

La décision de Trump intervient alors que la fermeture potentielle du détroit d’Ormuz, en raison des tensions avec l’Iran, fait grimper les prix du pétrole et, par conséquent, les prix à la pompe aux États-Unis. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, s’est entretenu avec son homologue chinois, He Lifeng, à Paris pour préparer le sommet, et d’autres discussions sont prévues lundi.

Des experts estiment que Xi Jinping souhaitait maintenir la visite pour préserver une certaine stabilité dans les relations bilatérales, malgré les désaccords sur la crise iranienne. Sarah Beran, ancienne diplomate américaine, explique que Pékin pourrait même accueillir favorablement un report, car cela l’éviterait de prendre position publiquement. "Mais une annulation pure et simple serait problématique, car elle saperait le message de stabilité bilatérale", a-t-elle ajouté.

La question de savoir si Trump a évoqué un report pour exercer une pression sur Pékin afin qu’elle envoie des navires de guerre dans la région reste incertaine. Dennis Wilder, ancien responsable de la Maison Blanche pour l’Asie, souligne que la simple perspective d’une réception en grande pompe à Pékin alors que des forces américaines sont en danger pourrait être un facteur déterminant.

Trump a également appelé d’autres nations, dont le Japon, la Corée du Sud, la France et le Royaume-Uni, à envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz pour assurer sa sécurité. Il a par ailleurs demandé au Japon d’envoyer des dragueurs de mines, une demande délicate compte tenu de la constitution pacifiste du pays.

La Chine, de son côté, a critiqué les appels de Trump à l’aide, estimant qu’il s’agit davantage d’un partage des risques d’une guerre que Washington a initiée et qu’il est incapable de mener à bien. Les médias d’État chinois ont souligné la nécessité pour les États-Unis, Israël et l’Iran de retourner à la table des négociations, affirmant qu’"un millier de navires de guerre ne peuvent pas accomplir ce qu’une table de négociation peut faire".

Selon Evan Feigenbaum, expert en Asie, les États-Unis en sont arrivés à un point où ils "implorent" Pékin d’intervenir militairement, après des années d’avertissements sur la nécessité de contenir l’influence chinoise. Il souligne que Pékin n’a "aucun intérêt évident à peindre une cible iranienne sur son dos".

La situation reste donc incertaine, et l’issue de la crise iranienne pourrait bien déterminer si le sommet Trump-Xi aura bien lieu à Pékin dans les prochaines semaines.

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