Venezuela, Mexique : Washington prépare-t-il une nouvelle doctrine d’intervention en Amérique latine ?
Washington – L’escalade des tensions autour du Venezuela, avec des menaces voilées d’intervention militaire, pourrait n’être que la pointe de l’iceberg d’une stratégie américaine plus large visant à réaffirmer son influence en Amérique latine, selon des experts interrogés par DW.L’governance Trump semble prête à utiliser tous les leviers à sa disposition, y compris la force, pour contrer les influences rivales et restaurer son “hégémonie” dans la région.Si l’attention actuelle est focalisée sur la situation politique au Venezuela et le régime de Nicolás Maduro, les analystes soulignent que le message adressé par Washington concerne l’ensemble de la région. Des opérations similaires à celles envisagées contre le Venezuela sont déjà observées, notamment au Mexique.
“Il ne s’agit pas seulement du Venezuela et de Maduro. Cela a des implications pour l’ensemble du bassin des Caraïbes, au moins, et pour le Mexique,” explique Phil Gunson, analyste pour le groupe International crisis Group. “Ceux qui veulent agir militairement contre les cartels ont l’œil sur le Mexique en particulier.”
Le Mexique sous pression : une stratégie de coercition économique et militaire ?
Cette stratégie de pression s’illustre déjà au Mexique,où la rhétorique sur de possibles interventions sur le territoire mexicain,couplée à des menaces tarifaires,a servi à forcer une réponse plus énergique contre les organisations criminelles. En 2025, cette pression s’est traduite par une augmentation significative des affrontements entre les forces mexicaines et les groupes criminels.
“Nous avons vu un schéma similaire dans le cas du Mexique, où la rhétorique sur les interventions possibles sur le territoire mexicain et les menaces tarifaires ont servi d’instruments pour forcer une réponse plus énergique contre les organisations criminelles,” confirme Pellegrini, expert en sécurité régionale.
La Chine, un facteur d’inquiétude croissant
Au-delà de la lutte contre le narcotrafic et de la déstabilisation politique, un autre élément majeur motive cette nouvelle approche américaine : la présence croissante de la Chine en Amérique latine. Dès le début de son premier mandat,Donald Trump avait exprimé son inquiétude concernant l’influence chinoise,notamment en ce qui concerne le contrôle du canal de Panama.
“C’est certainement une préoccupation,” souligne Gunson. “Le gouvernement Trump veut récupérer l’hégémonie dans la région et est disposé à utiliser la force pour le faire, sans atteindre la fin de l’invasion.”
Un retour aux doctrines d’intervention ?
Cette situation rappelle les périodes de forte intervention américaine dans la région, notamment au XXe siècle, où Washington n’hésitait pas à intervenir militairement pour protéger ses intérêts stratégiques et économiques.Si l’administration trump semble éviter pour l’instant une invasion à grande échelle, la rhétorique et les actions actuelles laissent entrevoir un retour à une politique plus assertive, voire interventionniste, en Amérique latine. L’avenir de la région dépendra de la capacité des pays latino-américains à résister à ces pressions et à défendre leur souveraineté.
