Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a formellement rejeté le plan de paix en 15 points pour Gaza endossé par Donald Trump et le Hamas.
Le rejet public du plan par Benjamin Netanyahu, exprimé lors d’une réunion ministérielle, marque une nouvelle divergence majeure avec l’administration américaine.
Le refus du plan en 15 points et la condition du désarmement total
Le plan de paix en 15 points, élaboré par la Board of Peace menée par les États-Unis et endossée par le Hamas à la fin du mois de juillet, prévoyait un processus séquentiel associant le retrait progressif des forces israéliennes et le transfert des armes des factions palestiniennes vers une force internationale et un comité technique palestinien. Mais pour le gouvernement israélien, cette chronologie est inacceptable.

Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a indiqué via Al Jazeera, NPR et NDTV qu’Israël rejetait le document en 15 points, que l’armée israélienne n’effectuerait aucun retrait tant que le Hamas ne serait pas véritablement désarmé et qu’elle continuerait à contrecarrer les menaces pesant sur ses forces et ses citoyens.
S’exprimant devant ses ministres, Benjamin Netanyahu a précisé que le désarmement exigé devait englober l’ensemble de l’arsenal du mouvement islamiste.
La position du Hamas et les pressions exercées sur les médiateurs
De son côté, le Hamas maintient une ligne différente quant à la chronologie des opérations. Un responsable de l’organisation a indiqué à l’agence AFP que le groupe et les autres factions armées avaient confirmé aux médiateurs leur disposition à mettre en œuvre l’accord et à passer à la phase suivante, à condition qu’Israël approuve le texte et commence à appliquer ses propres engagements. Par la suite, Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a exhorté les garants américains à faire pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu pour qu’il respecte la feuille de route convenue. La situation sur le terrain reste extrêmement tendue.

Les tractations en cours avec Washington et les calculs électoraux
Malgré l’impasse actuelle, les autorités israéliennes poursuivent des discussions avec les responsables américains pour tenter d’aplanir les divergences. Benjamin Netanyahu a reconnu que Washington avait avancé des propositions variées. Cette fermeté affichée répond aussi à une réalité politique intérieure. Pressé par ses alliés d’extrême droite et par des ministres comme Itamar Ben Gvir qui jugent le projet inacceptable, le dirigeant israélien navigue dans un paysage électoral très délicat à moins de trois mois du scrutin d’octobre. Alors que la communauté internationale retient son souffle face aux risques de rupture avec l’allié américain, la concrétisation du plan de paix reste suspendue à l’issue de ces négociations de dernière minute. Netanyahu a qualifié Trump de plus grand ami que l’on puisse avoir à la Maison-Blanche tout en faisant face à des élections extrêmement serrées et à un scrutin prévu le 27 octobre. L’armée israélienne n’effectuerait aucun retrait tant que le Hamas ne serait pas véritablement désarmé, a déclaré Netanyahu lors d’une réunion du cabinet le dimanche 9 août. Les propos de Netanyahu jettent un doute supplémentaire sur l’accord visant à désarmer le Hamas, qui était perçu comme une avancée potentielle pour mettre fin à la guerre dans laquelle Israël contrôle actuellement environ 60 % de Gaza.
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