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Trump : Russie, UE et Thaïlande invités à son “Conseil de la Paix” pour Gaza

Le plan de paix de Trump pour Gaza suscite scepticisme et objections, un investissement de 1 milliard de dollars ouvre la porte à l’adhésion

Washington – L’initiative controversée de l’ancien président américain Donald Trump visant à superviser la prochaine phase du plan de paix à Gaza a pris de l’ampleur cette semaine avec des invitations adressées à des dirigeants du monde entier, mais elle se heurte déjà à une forte opposition, notamment de la part d’Israël. Le projet, baptisé « Conseil de la Paix », soulève des questions sur son efficacité et son indépendance, tandis que les besoins humanitaires et économiques de Gaza restent immenses.

L’Union européenne, la Russie, le Bélarus et la Thaïlande figurent parmi les derniers à avoir reçu une invitation à rejoindre ce conseil, qui supervisera la mise en œuvre du plan de paix, a rapporté l’Associated Press. L’invitation à la Russie, en particulier, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et soulève des interrogations sur les objectifs réels de cette initiative. Le Kremlin a indiqué qu’il « étudiait les détails » de l’invitation, tandis que le ministère thaïlandien des Affaires étrangères a confirmé l’avoir reçue et l’examiner. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a quant à lui exprimé sa volonté de participer.

L’invitation adressée à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a été confirmée par un porte-parole, qui a souligné la volonté de l’UE de « contribuer à un plan global pour mettre fin au conflit à Gaza ».

Israël exprime son mécontentement

L’initiative de Trump ne fait pas l’unanimité. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, un membre de la droite radicale, a publiquement dénoncé le « Conseil de la Paix », le qualifiant de « mauvaise affaire pour Israël » et appelant à son abandon. Smotrich a réaffirmé la position selon laquelle Gaza « nous appartient » et a suggéré une reprise des opérations militaires pour « détruire le Hamas » si le groupe ne se désarme pas.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également exprimé son désaccord, soulignant que la formation du comité n’avait pas été coordonnée avec le gouvernement israélien et qu’elle était « contraire à sa politique ». Israël n’a pas été invité à rejoindre le conseil, contrairement à la Turquie, un rival régional clé.

Un financement conditionné à l’adhésion

Selon un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat, l’adhésion au « Conseil de la Paix » est conditionnée à un investissement financier significatif. Un don de 1 milliard de dollars garantirait un siège permanent, les fonds étant destinés à la reconstruction de Gaza, dont les besoins sont estimés à 53 milliards de dollars selon un rapport de la Banque mondiale publié l’année dernière. Un engagement sur trois ans ne nécessiterait pas de contribution financière.

Cette condition financière soulève des questions sur l’accessibilité et l’équité du conseil, ainsi que sur le risque de conflits d’intérêts.

Une alternative au Conseil de sécurité de l’ONU ?

L’initiative de Trump pourrait constituer une alternative au Conseil de sécurité des Nations unies, l’organe le plus puissant de l’organisation internationale créé après la Seconde Guerre mondiale. L’invitation mentionne une volonté d’adopter une « approche audacieuse » pour résoudre les conflits mondiaux, suggérant une ambition de contourner les processus diplomatiques traditionnels.

La situation humanitaire à Gaza reste critique

Malgré les efforts déployés, la situation humanitaire à Gaza reste extrêmement fragile. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé avoir étendu ses opérations pour atteindre plus d’un million de personnes chaque mois, mais a averti que la situation reste précaire. Le PAM a aidé à prévenir la malnutrition chez 200 000 femmes enceintes ou allaitantes et chez les enfants de moins de cinq ans, mais 77 % de la population de Gaza est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 100 000 personnes souffrent de famine.

Opération militaire israélienne à Hébron

Parallèlement, l’armée israélienne a lancé une vaste opération de contre-terrorisme à Hébron, en Cisjordanie, visant à « démanteler les infrastructures terroristes et à renforcer la sécurité ». L’opération, qui devrait durer plusieurs jours, a entraîné des patrouilles blindées et l’installation de barrages. Le maire de Hébron a accusé Israël d’utiliser l’opération pour faciliter la construction de nouveaux établissements israéliens.

L’escalade de la violence en Cisjordanie, qui a connu une augmentation de l’activité militaire israélienne depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, ajoute une couche de complexité à la situation déjà tendue.

La liste finale des membres du « Conseil de la Paix » devrait être annoncée dans les prochains jours, probablement lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. L’avenir de cette initiative et son impact sur la résolution du conflit israélo-palestinien restent incertains.

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