Allégations de détournement au sein du conseil de district de Comilla
Lors d’un événement organisé samedi au sein de l’Académie des arts de Comilla pour commémorer le 45e anniversaire du décès de l’ancien président Ziaur Rahman, l’administrateur du conseil de district, Mo. Mostak Mia, a formulé des accusations graves. Selon le rapport de The Bangladesh Today, M. Mia a affirmé qu’Asif Mahmud Sajib Bhuiyan, porte-parole du Parti National des Citoyens (NCP), et Hasnat Abdullah, député et organisateur en chef du parti, auraient indûment obtenu des allocations budgétaires provenant du fonds de revenus du conseil de district.
Les chiffres avancés par l’administrateur pointent vers une répartition spécifique : 150 millions de takas auraient été alloués pour le sous-district de Muradnagar, sous l’influence d’Asif Mahmud, et 100 millions de takas pour celui de Debidwar, associés à Hasnat Abdullah. Comme le souligne The Daily Star, M. Mia a décrit ces mouvements de fonds comme ayant été effectués de manière « anormale » pendant la période de transition gouvernementale, suggérant une irrégularité dans la gestion des ressources locales.
Démentis et justifications des fonds de développement

Face à la polémique, les deux hommes ont réagi rapidement pour contester la qualification de ces fonds. Asif Mahmud Sajib Bhuiyan a pris la parole sur sa page Facebook vérifiée, expliquant que les sommes mentionnées ne constituent en rien un enrichissement personnel, mais correspondent à des allocations de développement spéciales gérées par le Département du gouvernement local et le ministère des Coopératives.
> « Il est illogique et diffamatoire de comparer le budget alloué à des projets de développement à un détournement de fonds personnels. Le fait qu’un budget soit approuvé ne signifie pas que le chef du gouvernement perçoit cet argent personnellement. » Asif Mahmud Sajib Bhuiyan, porte-parole du NCP, via The Bangladesh Today.
Hasnat Abdullah a abondé dans le même sens, précisant que les fonds alloués à Debidwar faisaient partie intégrante du budget de développement de la zone. Il a insisté sur le fait que ces ressources ont été dépensées par le biais des mécanismes officiels du Département du gouvernement local, et non remises directement entre ses mains.
Rétractation partielle lors d’un échange téléphonique

La tension a connu un rebondissement inattendu samedi soir lorsqu’un enregistrement d’une conversation téléphonique entre Hasnat Abdullah et Mo. Mostak Mia a été rendu public. Dans cet échange, l’administrateur semble tempérer ses propos initiaux, affirmant qu’il n’a jamais déclaré que les fonds avaient été « consommés » ou détournés par les intéressés à des fins privées.
Selon les informations publiées par The Daily Campus, M. Mia a clarifié sa position lors de cet appel :
> « Je n’ai pas dit que vous aviez mangé l’argent. J’ai dit que vous aviez mené un mouvement contre la discrimination et que, dans ce contexte, environ 100 millions de takas sont allés dans votre sous-district et 150 millions dans l’autre. » Mo. Mostak Mia, administrateur du conseil de district de Comilla, via The Daily Campus.
Cette nuance, bien qu’apportée en privé, intervient dans un climat de méfiance politique intense. Pour les observateurs locaux, cet incident illustre la fragilité des relations entre les administrateurs nommés et les nouveaux acteurs politiques issus du mouvement de contestation. La controverse soulève des questions sur la transparence des processus d’allocation budgétaire dans les districts et sur la manière dont les discours publics sont instrumentalisés par les différentes factions locales.
Impact politique et surveillance des procédures budgétaires

La polémique, telle que rapportée par BBC Bengali, souligne la polarisation persistante au sein de l’administration locale. Alors que le pays cherche à stabiliser ses institutions, les allégations de corruption, même si elles sont ensuite nuancées par leurs auteurs, alimentent une méfiance généralisée parmi les citoyens.
Pour les 30 prochains jours, l’attention restera portée sur la gestion financière du conseil de district de Comilla. Les accusations initiales ayant été diffusées lors d’un événement public hautement symbolique – le 45e anniversaire de la mort de Ziaur Rahman – le caractère politique de l’affaire est indéniable. Il est probable que les autorités compétentes soient appelées à clarifier les procédures d’allocation des « fonds spéciaux » pour mettre fin aux spéculations qui continuent de circuler sur les réseaux sociaux.
