Trump relance sa tentative d’acquérir le Groenland, menaçant de tarifs douaniers et évoquant une action militaire
DAVOS, Suisse – L’ancien président américain Donald Trump a réitéré son intérêt pour l’acquisition du Groenland, intensifiant la pression sur le Danemark avec des menaces de tarifs douaniers et laissant entendre la possibilité d’une intervention militaire. Ces déclarations, faites à la veille de réunions cruciales avec des dirigeants mondiaux au Forum économique mondial de Davos, ont suscité des inquiétudes quant à la stabilité des relations transatlantiques et à la sécurité arctique.
Trump a partagé sur son réseau social Truth Social des images manipulées, dont une le montrant plantant un drapeau américain sur le sol groenlandais, avec la mention “Groenland – Territoire américain, établi en 2026”. Une autre image suggérait une possible annexion du Canada et du Venezuela, suscitant l’inquiétude des alliés et des observateurs internationaux.
“Ils ne peuvent pas le protéger, le Danemark”, a déclaré Trump, affirmant que l’île, riche en minéraux, est vulnérable aux menaces russes et chinoises. Il a minimisé les déploiements européens dans la région, les qualifiant de “non militaires”.
Ces déclarations interviennent après la révélation d’une lettre dans laquelle Trump exprime son ressentiment de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, liant cela à sa volonté de reconsidérer ses priorités en matière de politique étrangère. “Considérant que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir arrêté 8 guerres, je ne ressens plus l’obligation de penser uniquement à la paix”, a-t-il écrit.
La réaction internationale a été rapide. Le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Løkke Rasmussen, a averti que certaines “lignes rouges ne peuvent être franchies” et que les menaces de tarifs douaniers ne sont pas une approche constructive. “On ne peut pas menacer son chemin vers la propriété du Groenland”, a-t-il déclaré.
L’Union européenne se prépare à une réunion d’urgence à Bruxelles pour discuter d’une réponse coordonnée aux menaces de tarifs douaniers américains. Les dirigeants européens craignent que ces mesures ne déstabilisent davantage le commerce mondial et n’aggravent les tensions transatlantiques.
L’intérêt stratégique du Groenland a augmenté ces dernières années en raison de son emplacement géographique et de ses ressources naturelles. Le réchauffement climatique a également ouvert de nouvelles voies maritimes dans l’Arctique, renforçant l’importance de l’île sur le plan géopolitique.
La Russie a également réagi aux déclarations de Trump, avec des analystes suggérant que toute tentative d’annexion du Groenland par les États-Unis pourrait être utilisée comme prétexte pour une expansion de l’influence russe dans la région. Alexandre Douguine, idéologue du Kremlin, a même appelé à l’invasion de plusieurs pays voisins de la Russie.
La Chine a critiqué les États-Unis pour avoir utilisé la “menace chinoise” comme excuse pour justifier ses ambitions territoriales. “Nous exhortons les États-Unis à cesser d’utiliser la soi-disant ‘menace chinoise’ comme prétexte pour poursuivre leurs propres intérêts”, a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Les experts estiment qu’un achat du Groenland par les États-Unis coûterait environ 520 milliards de livres sterling, soit plus de 85 % du budget annuel de la défense américaine.
Alors que Trump s’apprête à rencontrer des dirigeants mondiaux à Davos, l’avenir du Groenland et la stabilité de l’ordre international restent incertains. Les prochaines heures et les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si une solution diplomatique peut être trouvée ou si la situation dégénérera en une crise plus grave.
[Image d’une carte du Groenland avec des annotations sur son importance stratégique et ses ressources naturelles]
[Tweet de Donald Trump partageant l’image manipulée du drapeau américain au Groenland]
[Vidéo d’un reportage sur les réactions internationales aux déclarations de Trump]
