Décision de la Cour suprême américaine : les accords commerciaux de Trump résistent, mais l’incertitude persiste
Washington – Malgré une décision récente de la Cour suprême américaine invalidant certains tarifs imposés par l’administration Trump, les accords commerciaux conclus par l’ancien président devraient, pour l’instant, rester en vigueur. L’inquiétude d’éventuelles représailles et la dépendance à d’autres leviers de pression américains, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité, dissuadent les pays de remettre en question ces accords, selon des analystes internationaux et des experts juridiques.
La Cour suprême a jugé illégaux les tarifs imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), mais les droits de douane sur l’automobile et l’acier, basés sur d’autres fondements juridiques, restent en place. Cette décision a immédiatement conduit l’administration Trump à réagir en utilisant une autre loi, la section 122 du Trade Act de 1974, pour imposer des tarifs de 10% sur tous les produits, bien que ces derniers ne soient valables que 150 jours sans l’approbation du Congrès. L’ancien président a même annoncé une augmentation de ces tarifs à 15%.
“La décision de la Cour soulève des questions importantes sur la pérennité des accords de Trump, mais ne signifie pas qu’ils sont sur le point de s’effondrer”, a déclaré Andrew Wilson, secrétaire général adjoint de la Chambre de commerce internationale. “Nos échanges récents avec les gouvernements ne laissent pas présager de retraits immédiats de ces accords.”
L’approche commerciale de Trump, souvent qualifiée de “négociations sur serviette de table” en raison de la rapidité avec laquelle les principes étaient convenus avant d’être formalisés, ajoute une couche d’incertitude. Des accords comme celui conclu récemment avec l’Inde, qui a vu les tarifs sur les marchandises indiennes baisser de 50% à 18%, pourraient connaître des retards dans leur mise en œuvre complète, les gouvernements cherchant à exploiter les difficultés juridiques de l’administration américaine.
L’Inde a adopté une position prudente, déclarant étudier les implications de la décision de la Cour suprême. Pratik Dattani, fondateur du think tank Bridge India, estime que cette décision pourrait donner à l’Inde un espace de manœuvre pour ralentir les négociations, en attendant une contestation juridique des nouveaux tarifs ou un changement de majorité au Congrès américain après les élections de mi-mandat.
[Image intégrée : Donald Trump et Narendra Modi (Reuters)]
Malgré cette incertitude, les analystes prédisent que la peur de représailles limitera les conséquences pour les pays ayant déjà conclu des accords avec les États-Unis, comme l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud. Trump dispose toujours de leviers de pression, notamment les tarifs imposés en vertu des sections 232 et 301 du droit commercial américain, qui peuvent être utilisés pour punir les partenaires qui tenteraient de revenir sur leurs engagements.
Nicolas Köhler-Suzuki, conseiller en commerce et sécurité économique à l’Institut Jacques Delors, souligne l’importance de la “dissuasion substitutive”. “La menace de tarifs douaniers sur les automobiles reste réelle et neutralise l’incitation à contester ouvertement l’accord”, a-t-il déclaré à propos de l’accord entre l’UE et les États-Unis, connu sous le nom d’accord de Turnberry.
L’Europe doit également tenir compte du risque que Trump retire son soutien à l’Ukraine, un facteur clé dans la décision initiale de Bruxelles de signer l’accord de Turnberry malgré l’opposition politique.
En Asie, la réaction a été mesurée, reflétant les réalités auxquelles sont confrontés des pays comme la Corée et le Japon, dont les secteurs automobiles sont particulièrement vulnérables aux représailles.
Allie Renison, ancienne fonctionnaire du département britannique du commerce, désormais consultante chez SEC Newgate, met en garde contre le fait que, bien que les États-Unis conservent un certain pouvoir de négociation, Washington devra faire preuve de plus de diplomatie. “La Maison Blanche espère que l’approche imprévisible de Trump en matière de relations étrangères dissuadera les tentatives de renégociation, mais cela dépendra également de la capacité de Washington à relancer ses compétences diplomatiques”, a-t-elle ajouté.
[Intégration potentielle d’une courte vidéo YouTube expliquant les implications de la décision de la Cour suprême pour le commerce international.]
La décision de la Cour suprême souligne la fragilité des accords commerciaux conclus sous l’administration Trump et la nécessité pour les pays partenaires de se préparer à une incertitude continue. L’avenir des relations commerciales internationales reste incertain, mais pour l’instant, les accords de Trump semblent résister, même si leur pérennité dépendra de la capacité de l’administration américaine à naviguer dans un paysage juridique et politique complexe.
