Trump lance un « Conseil de paix » pour Gaza, suscitant scepticisme et espoirs de reconstruction
WASHINGTON – L’ancien président Donald Trump s’apprête à lancer un nouveau projet diplomatique au Moyen-Orient : un « Conseil de paix » pour Gaza, dont la première réunion est prévue le 19 février. L’initiative, dévoilée initialement au Forum économique mondial de Davos le mois dernier, vise à négocier une nouvelle phase de cessez-le-feu dans la bande de Gaza et à lever des fonds pour sa reconstruction massive.
Le Conseil, dont la composition est déjà source de débat, compte pour l’instant les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar, Bahreïn, le Pakistan, la Turquie, la Hongrie, le Maroc, le Kosovo, l’Albanie, la Bulgarie, l’Argentine, le Paraguay, le Kazakhstan, la Mongolie, l’Ouzbékistan, l’Indonésie et le Vietnam.
L’initiative de Trump intervient alors que le cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre 2025, négocié par Trump lui-même avec la médiation de la Turquie, du Qatar et de l’Égypte, semble de plus en plus fragile. Plus de 550 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes depuis l’entrée en vigueur de cet accord, selon le ministère de la Santé de Gaza. Le 4 février, des frappes israéliennes à Rafah ont fait au moins 24 morts, majoritairement des femmes et des enfants, selon l’Associated Press, en représailles à une attaque contre des soldats israéliens.
Des alliés réticents et des conditions financières
Plusieurs alliés proches des États-Unis se sont montrés réticents à rejoindre le Conseil, craignant qu’il ne sape l’autorité des Nations unies. Des informations suggèrent également que l’adhésion permanente serait réservée aux États qui verseraient un milliard de dollars dans les 12 premiers mois.
Le président russe Vladimir Poutine a exprimé son intérêt pour une contribution d’un milliard de dollars, mais a conditionné son versement à la levée des sanctions et au dégel des avoirs russes gelés aux États-Unis.
Composition du Conseil et rôle de Jared Kushner
Donald Trump présidera le Conseil, assisté d’un « Conseil exécutif » composé de son gendre, Jared Kushner, du secrétaire d’État Marco Rubio, de son envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, du président de la Banque mondiale, Ajay Banga, du conseiller à la sécurité nationale Robert Gabriel et de Marc Rowan, PDG d’Apollo Global Management, un fonds d’investissement américain.
Le Conseil se réunira à l’Institut de la paix à Washington, et se concentrera initialement sur la collecte de fonds pour la reconstruction de Gaza. Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé le Conseil de Trump à superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu et à travailler sur la gouvernance et la reconstruction de la bande de Gaza.
Netanyahu en route pour Washington
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche le 18 février, la veille de la première réunion du Conseil. Les responsables israéliens affirment que la rencontre sera principalement consacrée à la question de l’Iran, mais une éventuelle participation de Netanyahu à la réunion du Conseil de paix pourrait marquer un tournant dans ses relations avec les pays arabes, qu’il n’a pas rencontrés depuis les attentats du 7 octobre et le début de la guerre à Gaza.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, un allié de Trump, a annoncé qu’il assisterait à la première réunion. Orban, qui partage les vues anti-immigration de Trump, a dirigé la Hongrie pendant 14 ans.
L’initiative de Trump intervient dans un contexte de tensions avec certains alliés européens, notamment après des déclarations controversées sur l’annexion du Groenland. L’avenir du Conseil de paix et son impact réel sur la situation à Gaza restent incertains, mais l’initiative témoigne de la volonté de Trump de rester un acteur majeur dans la diplomatie du Moyen-Orient.
