Washington – L’administration Trump intensifie la pression sur l’État du Minnesota, liant le retrait de la présence fédérale accrue à Minneapolis à la communication de données sensibles sur les électeurs et les bénéficiaires d’aides sociales. Cette escalade, révélée par une lettre de la procureure générale Pam Bondi au gouverneur Tim Walz, suscite des inquiétudes quant à une politisation sans précédent du ministère de la Justice et à une potentielle ingérence dans les élections de mi-mandat.
La demande de Bondi, datée du 2 janvier 2026, exige le partage des registres d’électeurs de l’État, ainsi que des données des programmes Medicaid et d’aide alimentaire (SNAP) avec l’administration fédérale, en contrepartie d’une fin à l’opération de sécurité renforcée déployée à Minneapolis. Cette opération, lancée début janvier, a été précédée et justifiée par l’administration par une fraude présumée à grande échelle dans les programmes sociaux de l’État, une affaire qui remonte à plusieurs années.
La tension monte alors que les incidents impliquant les agents fédéraux se multiplient. Samedi dernier, Alex Pretti, 37 ans, est devenu le deuxième citoyen américain tué par des agents d’immigration à Minneapolis en quelques jours. Selon des témoignages, Pretti a été battu et forcé à genoux avant d’être abattu de plusieurs coups de feu. Cet événement a exacerbé les tensions déjà vives dans la ville, où les habitants dénoncent une conduite « hors de contrôle » des agents fédéraux.
Le secrétaire d’État du Minnesota, Steve Simon, a exprimé son inquiétude face à cette situation, avertissant qu’il se prépare à une possible interférence fédérale dans les élections. « Je ne prédis pas nécessairement une interférence directe, mais je m’y prépare », a-t-il déclaré au New York Times.
La demande de Bondi intervient alors que le ministère de la Justice a déjà intenté des actions en justice contre le Minnesota et d’autres États pour obtenir l’accès à leurs registres d’électeurs. L’établissement d’un quid pro quo entre la communication de données sensibles et le retrait de la présence fédérale représente un nouveau niveau de politisation pour le département, selon des experts juridiques.
Le vice-président JD Vance a également souligné l’intérêt de l’administration pour l’utilisation des données Medicaid et SNAP à des fins d’application de la loi en matière d’immigration. Cette approche soulève des questions sur la protection de la vie privée des citoyens et le respect des réglementations en matière de données personnelles.
La juge Kate Menendez, qui examine actuellement la légalité de la présence fédérale à Minneapolis, a interrogé lundi l’administration sur ses motivations, se demandant si elle ne cherchait pas à atteindre un objectif par la force que les tribunaux lui refuseraient.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre l’administration Trump et les États qui adoptent des politiques considérées comme favorables aux immigrants. Le Minnesota, en particulier, a été critiqué pour ses « politiques de sanctuaire » qui limitent la coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration.
L’impact potentiel de cette situation sur les élections de mi-mandat est considérable. La communication de données d’électeurs pourrait être utilisée pour cibler des groupes spécifiques d’électeurs ou pour remettre en question la légitimité des résultats.
[Intégration potentielle d’un tweet de Steve Simon sur le sujet : Rechercher sur X.com (anciennement Twitter) le compte officiel de Steve Simon et intégrer un tweet pertinent.]
[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’un reportage sur les tensions à Minneapolis : Rechercher sur YouTube des reportages récents sur les manifestations et les incidents impliquant les agents fédéraux à Minneapolis.]
L’administration Trump n’a pas encore répondu aux critiques concernant cette affaire. La situation reste en évolution et pourrait avoir des conséquences importantes pour la démocratie américaine.
