Home DivertissementTrump accorde la grâce à l’ex-gouverneure de Porto Rico Wanda Vazquez

Trump accorde la grâce à l’ex-gouverneure de Porto Rico Wanda Vazquez

Trump accorde son pardon à l’ex-gouverneure de Porto Rico, Wanda Vázquez Garced, au milieu d’une vague de clémences

San Juan, Porto Rico – L’administration Trump a confirmé ce week-end l’octroi d’un pardon à Wanda Vázquez Garced, ancienne gouverneure de Porto Rico, impliquée dans une affaire de corruption. Cette décision, qui intervient alors que Donald Trump intensifie sa campagne dénonçant ce qu’il considère comme une “guerre juridique” à son encontre, suscite l’indignation à Porto Rico et relance le débat sur l’utilisation du pouvoir de clémence présidentiel.

L’annonce, initialement révélée par CBS News vendredi, s’inscrit dans une tendance observée depuis le retour de Trump au pouvoir. Au cours de la dernière année, plus de 1 700 pardons et actes de clémence ont été accordés, plaçant l’ancien président sur la voie de dépasser le record de 4 245 actes de clémence établi par son prédécesseur démocrate, Joe Biden, durant son mandat. Parmi les bénéficiaires récents figurent l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernandez, reconnu coupable de trafic de drogue, et des participants à l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021.

Un responsable de l’administration Trump, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de Reuters, a qualifié l’affaire Vázquez de “poursuite politique”. “Ce cas est un exemple flagrant de persécution politique”, a-t-il déclaré.

Vázquez, membre du New Progressive Party, favorable à l’intégration de Porto Rico aux États-Unis, a été arrêtée en 2022 et accusée d’avoir promis de limoger un commissaire en échange d’un soutien financier pour sa campagne de réélection en 2020. L’affaire portait sur des transactions suspectes impliquant une banque appartenant au financier vénézuélien Julio Martin Herrera Velutini. Elle avait finalement plaidé coupable en août dernier, devenant la première ancienne gouverneure de Porto Rico à être confrontée à des accusations fédérales.

La décision de Trump a immédiatement provoqué une vague de critiques à Porto Rico. Pablo José Hernández Rivera, représentant de l’île au Congrès américain, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) un acte d’impunité qui “protège et promeut la corruption”. Il a ajouté que ce pardon “affaiblit l’intégrité publique, érode la confiance dans le système judiciaire et offense ceux qui croient en un gouvernement honnête.”

Voir le tweet de Pablo José Hernández Rivera

Cette clémence s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre Trump et Porto Rico. En août dernier, l’ancien président avait limogé les cinq membres démocrates du conseil de contrôle budgétaire de l’île, chargé de superviser ses finances. Lors d’un rassemblement de campagne à New York, un politicien avait également qualifié Porto Rico de “île flottante de déchets”, suscitant l’indignation.

L’utilisation du pardon par Trump, souvent perçue comme un moyen de protéger ses alliés politiques, intervient alors qu’il dénonce une “instrumentalisation” du système judiciaire à son encontre. L’ancien président a lui-même été confronté à quatre mises en accusation criminelles, dont deux au niveau fédéral, entre ses deux mandats. Une seule de ces accusations, au niveau de l’État de New York, a abouti à une condamnation.

Le pardon accordé à Vázquez soulève des questions sur l’équilibre entre la clémence présidentielle et la nécessité de lutter contre la corruption, en particulier dans un territoire américain comme Porto Rico, qui ne dispose que d’une représentation non votante au Congrès. Cette affaire risque de raviver les débats sur le statut politique de l’île et sur la nécessité d’une plus grande transparence et responsabilité dans la gestion des affaires publiques.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.