Les interventions thérapeutiques ciblant le foie face aux tumeurs malignes primaires et secondaires reposent sur des critères d’évaluation précis de la fonction hépatique et du volume du parenchyme restant. Les méthodes d’imagerie et les modèles volumétriques permettent d’anticiper la réponse du parenchyme sain après une intervention locorégionale, selon des publications scientifiques récentes.
Évaluation multicentrique de la radioembolisation et de l’hypertrophie lobaire
Une étude rétrospective multicentrique menée auprès de plusieurs centres hospitaliers universitaire en Europe s’est penchée sur la prédiction de l’hypertrophie du lobe gauche après une radioembolisation réalisée exclusivement sur le lobe droit chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire non résécable. La cohorte d’entraînement initiale a rassemblé 75 patients traités à l’University Hospital Essen en Allemagne entre janvier 2007 et avril 2015.
Pour valider les résultats de ce modèle, les chercheurs ont intégré des cohortes externes issues de l’University Hospital Rennes en France avec 49 patients traités entre novembre 2009 et mars 2016, ainsi que des patients pris en charge à l’University Hospital Münster et à l’University Hospital Würzburg. Les analyses volumétriques ont exploité des données tomodensitométriques et des examens par résonance magnétique réalisés avant le traitement et lors des suivis post-thérapeutiques.
Techniques de médecine nucléaire et indications thérapeutiques
La radioembolisation utilisant l’isotope radioactif yttrium-90 constitue une alternative thérapeutique croissante pour la prise en charge des tumeurs hépatiques primaires et des métastases, d’après les analyses publiées dans la littérature spécialisée en médecine nucléaire. Cette technique par émission de rayonnement bêta vise à provoquer une nécrose tumorale tout en limitant l’exposition du parenchyme hépatique sain environnant.

Les spécialistes soulignent que l’utilisation de microparticules radioactives permet de cibler directement la zone tumorale par voie intraartérielle hépatique.
Évolution des indications chirurgicales et transplantation hépatique
La résection chirurgicale partielle demeure l’option thérapeutique curative de référence pour les métastases hépatiques d’origine colorectale, la pathologie hépatique constituant le site métastatique le plus fréquent en raison du drainage veineux portal. Les progrès conjoints de la chimiothérapie, de la chirurgie et des techniques d’ablation ont progressivement élargi les critères de sélection des patients éligibles, permettant d’envisager des résections pour des atteintes bilobaires ou multifocales sous réserve d’un reliquat hépatique suffisant, selon les revues consacrées à l’évolution de ces traitements.

Parallèlement, la place de la transplantation hépatique fait l’objet d’évaluations cliniques approfondies pour des sous-groupes de patients sélectionnés.
La localisation primitive de la tumeur colorectale, qu’elle soit du côté gauche ou droit du côlon, apparaît également comme un facteur pronostique notable lors du suivi à long terme des patients transplantés.
Pour aller plus loin