Home NouvellesTrafic de migrants : 20 ans de prison pour un passeur en Hollande

Trafic de migrants : 20 ans de prison pour un passeur en Hollande

Un réseau de passeurs érythréen condamné aux Pays-Bas pour des crimes odieux contre des migrants

LA HAYE, Pays-Bas – Un tribunal néerlandais a condamné mardi un homme érythréen à 20 ans de prison, la peine maximale, pour son rôle de chef d’un réseau de passeurs responsable de « traitements cruels, violents et dégradants » infligés à des migrants cherchant à atteindre l’Europe.

Tewelde Goitom, également connu sous le nom d’Amanuel Walid, a été reconnu coupable d’avoir dirigé une organisation criminelle qui extorquait de l’argent aux familles de migrants aux Pays-Bas en échange de leur passage périlleux à travers la Méditerranée. Le tribunal a rejeté l’argument de Goitom selon lequel il ne serait pas la personne identifiée par les témoins comme le cerveau du réseau.

Le juge René Melaard a qualifié l’affaire d’« exceptionnellement grave », soulignant à la fois l’atteinte portée à la politique d’immigration néerlandaise et européenne, mais surtout, les « traitements particulièrement cruels, violents et dégradants » infligés aux migrants. « Vous et vos complices étiez impitoyables, sans scrupules et dénués de tout respect pour la dignité humaine, apparemment uniquement pour extorquer le plus d’argent possible à des personnes vulnérables et désespérées cherchant un avenir meilleur », a déclaré le juge.

Goitom, 42 ans, a également été condamné à verser plus de 30 000 euros de dommages et intérêts aux victimes. Il dispose de deux semaines pour faire appel de sa condamnation.

Selon le tribunal, les migrants étaient détenus dans des camps en Libye, où ils étaient contraints d’appeler leurs familles pour obtenir de l’argent. Le passage vers l’Europe n’était garanti qu’une fois le paiement intégral reçu.

Cette condamnation intervient dans un contexte de lutte accrue contre les réseaux de passeurs qui profitent de la misère des migrants. L’Office du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a salué la décision, soulignant qu’il avait partagé des preuves dans le cadre d’une équipe commune enquêtant sur les crimes commis contre les migrants en Libye, où la CPI mène une enquête en cours.

Un autre passeur dans le viseur de la justice

L’affaire Goitom est étroitement liée à celle de Kidane Zekarias Habtemariam, décrit comme l’un des « passeurs les plus recherchés au monde ». Habtemariam a été extradé des Émirats arabes unis vers les Pays-Bas fin décembre et devrait être jugé prochainement. Il avait été condamné par contumace à la prison à vie après s’être échappé de la garde à vue en Éthiopie alors qu’il était jugé pour des accusations de passe de personnes.

Les deux hommes sont poursuivis aux Pays-Bas car les procureurs néerlandais estiment que certains de leurs crimes ont été commis sur le territoire néerlandais, notamment l’extorsion de fonds auprès de proches de migrants résidant aux Pays-Bas.

Les avocats de Goitom contestent cette juridiction, arguant que les paiements étaient effectués en Érythrée ou via les Émirats arabes unis. Le tribunal a rejeté cet argument, confirmant la compétence néerlandaise.

Bien que Goitom ait été acquitté dans les cas concernant deux migrants en raison d’un manque de preuves suffisantes, sa condamnation marque une victoire importante dans la lutte contre les réseaux de passeurs et un signal fort envoyé à ceux qui profitent de la vulnérabilité des migrants.

Un fléau mondial : les chiffres alarmants de la migration forcée

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 110 millions de personnes sont actuellement déplacées de force dans le monde, un chiffre sans précédent. La Libye, en particulier, est un point de transit dangereux pour les migrants cherchant à atteindre l’Europe, où ils sont souvent victimes de trafic, d’exploitation et de violence.

[Insérer ici un lien vers une vidéo YouTube du HCR sur la situation des migrants en Libye]

Cette affaire souligne la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour démanteler les réseaux de passeurs, protéger les droits des migrants et offrir des alternatives sûres et légales à la migration forcée.

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