La Cour suprême américaine donne raison aux entreprises, mais l’incertitude persiste sur les tarifs douaniers de Trump
WASHINGTON – La Cour suprême des États-Unis a porté un coup dur à l’administration Trump la semaine dernière en invalidant les tarifs douaniers d’urgence imposés par le gouvernement. Cependant, cette victoire juridique n’a pas immédiatement apaisé les inquiétudes des entreprises, qui craignent de nouvelles mesures protectionnistes et l’incertitude quant à la restitution des sommes déjà versées.
La décision, rendue le 6 février, stipule que l’administration Trump n’avait pas l’autorité nécessaire, en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), pour imposer ces tarifs. Cette autorité relève, selon la Cour, du Congrès.
Malgré ce revers, l’ancien président Donald Trump a réagi en annonçant de nouveaux tarifs douaniers globaux de 10 %, qui ont ensuite été augmentés à 15 %, selon la BBC. Ces mesures visent notamment les pays ayant conclu des accords commerciaux avec les États-Unis, tels que le Royaume-Uni, l’Inde et l’Union européenne.
Mark Mintman, directeur financier de Kids2, un fabricant de produits pour bébés et jouets basé à Atlanta, illustre le sentiment mitigé qui prévaut parmi les chefs d’entreprise. Il a confié au Wall Street Journal avoir appris la décision de la Cour suprême par SMS, alors qu’il était en vacances en Floride. "Ma réaction émotionnelle est tempérée", a-t-il déclaré, soulignant l’incertitude persistante et la possibilité de nouveaux tarifs. "Je considère cela comme une petite victoire."
Kids2 a même vendu près de la moitié de sa créance potentielle de remboursement, estimée à environ 15 millions de dollars, à un fonds spéculatif afin de récupérer une partie des coûts. Ce fonds aidera également à engager les actions en justice nécessaires pour obtenir un remboursement.
L’incertitude concernant les remboursements est une préoccupation majeure pour de nombreuses entreprises. David Dorey, associé au cabinet d’avocats Fisher Phillips, souligne que "le processus ne sera pas automatique" et que "des questions subsistent quant à son intérêt réel".
Cette décision intervient après des mois d’incertitude pour les entreprises, qui ont déjà été confrontées à des perturbations de leurs chaînes d’approvisionnement et à une volatilité des prix. Des études récentes de PYMNTS Intelligence ont révélé que plus de la moitié des responsables des paiements dans les entreprises de biens de consommation craignaient que les tarifs douaniers n’aient un impact négatif sur leurs activités. Près de 90 % s’attendaient à des retards de livraison, des pénuries ou une augmentation des coûts des matières premières.
Au cours de l’été 2025, 75 % des directeurs financiers avaient augmenté leurs prix, mais 60 % d’entre eux signalaient une baisse de leurs marges bénéficiaires. La volatilité des politiques commerciales est devenue un facteur dominant dans la planification des entreprises, éclipsant parfois la demande sous-jacente.
La décision de la Cour suprême marque un tournant potentiel, mais l’avenir reste incertain. Les entreprises attendent désormais des éclaircissements sur les modalités de remboursement et surveillent de près les prochaines actions de l’administration Trump.
