Tanzanie : Hassan réélu,l’opposition dénonce une répression sanglante
Dar es Salaam,Tanzanie – La Commission Électorale tanzanienne a déclaré la présidente sortante Samia Suluhu Hassan vainqueur de l’élection présidentielle,prolongeant le règne du parti au pouvoir pour plus de six siècles. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions vives et de contestations de l’opposition, qui dénonce des manipulations électorales et une répression violente des manifestations post-électorales.
le scrutin a été marqué par l’exclusion du principal parti d’opposition, Chadema, des élections, ce qui a conduit à des appels au boycott et à des protestations à travers le pays. Chadema accuse le gouvernement de fraude et de tentatives de suppression de l’opposition politique. Son chef, Tundu Lissu, a été arrêté en avril et est actuellement accusé de trahison, une accusation passible de la peine de mort.
Les manifestations qui ont suivi l’annonce des résultats ont été réprimées avec force par les forces de sécurité, qui ont utilisé des armes à feu et des gaz lacrymogènes. Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a confirmé la mort d’au moins 10 manifestants, citant des sources crédibles. Cependant, Chadema affirme que le bilan est bien plus lourd, estimant le nombre de morts à environ 700, dont 350 à Dar es Salaam et plus de 200 dans la ville de Mwanza. Ces chiffres restent invérifiables de manière indépendante.
Le gouvernement tanzanien, par la voix du ministre des Affaires étrangères Mahmoud Thabit Kombo, a nié ces allégations, affirmant ne disposer d’aucun chiffre concernant les décès et démentant l’utilisation d’une force excessive.
Contexte et enjeux :
La Tanzanie, pays d’Afrique de l’Est comptant plus de 60 millions d’habitants, est une république unitaire. Le parti Chama Cha Mapinduzi (CCM) est au pouvoir depuis l’indépendance en 1961, d’abord sous le nom de Tanganyika, puis après l’union avec Zanzibar en 1964. La stabilité politique de la Tanzanie est un facteur clé de la paix et de la prospérité dans la région des Grands Lacs africains.
L’élection de Samia Suluhu Hassan en 2021,suite au décès du président John Magufuli,avait suscité des espoirs de changement et d’ouverture politique. Cependant, les récentes élections et la répression qui les a suivies soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie en tanzanie et au respect des droits de l’homme. La situation actuelle pourrait avoir des répercussions sur la stabilité régionale et les relations internationales de la Tanzanie.
