Le Parlement taïwanais autorise la signature de contrats d’armes avec les États-Unis, malgré un débat budgétaire
Taipei, Taïwan – Le parlement taïwanais a donné son feu vert au gouvernement pour signer des accords d’achat d’armes avec les États-Unis, a annoncé vendredi son président, Han Kuo-yu. Cette décision intervient alors que l’île autonome renforce ses défenses face aux pressions militaires croissantes de la Chine, qui considère Taïwan comme une province renégate.
Les contrats concernent l’acquisition de systèmes d’artillerie automotrice M109A7, de missiles antichars Javelin et TOW 2B, ainsi que de systèmes de lancement de roquettes à haute mobilité (HIMARS). L’ensemble de ces armes représente un investissement de 11,1 milliards de dollars américains, annoncé par Washington en décembre dernier.
L’approbation parlementaire est cruciale car les lettres d’offre et d’acceptation (LOA) américaines, nécessaires à la finalisation des ventes, expirent le 26 mars, selon le ministre de la Défense, Wellington Koo.
Cependant, l’autorisation de signer les accords intervient dans un contexte de tensions politiques internes. Le président Lai Ching-te a proposé un budget de défense spécial de 40 milliards de dollars américains pour financer une partie de ces acquisitions, mais cette proposition est actuellement bloquée au parlement, contrôlé par l’opposition.
Les partis du Kuomintang (KMT) et du Parti du Peuple de Taïwan (TPP) ont présenté des versions alternatives du projet de loi budgétaire, réduisant les dépenses prévues. Les trois propositions sont actuellement en cours d’examen.
Malgré ce désaccord budgétaire, le président du parlement, Han Kuo-yu, a souligné que l’accord pour autoriser la signature des contrats d’armes a été conclu afin de "protéger les intérêts stratégiques du pays". Il a précisé que le Yuan exécutif (cabinet) soumettra immédiatement au Yuan législatif (parlement) un rapport complet sur le calendrier de livraison des armes une fois les accords signés.
Taïwan a investi massivement dans la modernisation de ses forces armées ces dernières années, consciente de son infériorité numérique et technologique face à la Chine. L’île dépend fortement des ventes d’armes américaines pour maintenir sa capacité de dissuasion.
La situation actuelle souligne la complexité de la position de Taïwan, tiraillée entre la nécessité de renforcer ses défenses et les divisions politiques internes qui entravent la mise en œuvre de ses plans de modernisation militaire.
